<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><GetPassage xmlns="http://relaxng.org/ns/structure/1.0" xmlns:tei="http://www.tei-c.org/ns/1.0" xmlns:ti="http://chs.harvard.edu/xmlns/cts"><request><requestName>GetPassage</requestName><requestUrn>urn:cts:pbc:bible.parallel.fra.davidmartin:18</requestUrn></request><reply><urn>urn:cts:pbc:bible.parallel.fra.davidmartin:18</urn><passage>Il y avait au pays de Huts un homme appelé Job ; et cet homme était intègre et droit , craignant Dieu , et se détournant du mal . Il eut sept fils et trois filles . Et son bétail était de sept mille brebis , trois mille chameaux , cinq cents paires de bœufs , et cinq cents ânesses , avec un grand nombre de serviteurs ; tellement que cet homme était le plus puissant de tous les Orientaux . Or ses fils allaient et faisaient des festins les uns chez les autres chacun à son jour , et ils envoyaient convier leurs trois sœurs pour manger et boire avec eux . Puis quand le tour des jours de leurs festins était achevé , Job envoyait vers eux , et les sanctifiait , et se levant de bon matin , il offrait des holocaustes selon le nombre de ses enfants ; car Job disait : Peut-être que mes enfants auront péché , et qu&#039;ils auront blasphémé contre Dieu dans leurs cœurs . Et Job en usait toujours ainsi . Or il arriva un jour que les enfants de Dieu vinrent se présenter devant l&#039; Eternel , et que Satan aussi entra parmi eux . L&#039; Eternel dit à Satan : D&#039;où viens-tu ? Et Satan répondit à l&#039; Eternel , en disant : Je viens de courir çà et là par la terre , et de m&#039;y promener . Et l&#039; Eternel lui dit : N&#039;as-tu point considéré mon serviteur Job , qui n&#039;a point d&#039;égal sur la terre ; homme intègre et droit , craignant Dieu , et se détournant du mal ? Et Satan répondit à l&#039; Eternel , en disant : Est-ce en vain que Job craint Dieu ? N&#039;as-tu pas mis un rempart tout autour de lui , et de sa maison , et de tout ce qui lui appartient ? Tu as béni l&#039;œuvre de ses mains , et son bétail a fort multiplié sur la terre . Mais étends maintenant ta main , et touche tout ce qui lui appartient ; [ et tu verras ] s&#039;il ne te blasphème point en face . Et l&#039; Eternel dit à Satan : Voilà , tout ce qui lui appartient est en ton pouvoir ; seulement ne mets point la main sur lui . Et Satan sortit de devant la face de l&#039; Eternel . Il arriva donc un jour , comme les fils et les filles [ de Job ] mangeaient et buvaient dans la maison de leur frère aîné , Qu&#039;un messager vint à Job , et lui dit : Les bœufs labouraient , et les ânesses paissaient tout auprès ; Et ceux de Séba se sont jetés dessus , et les ont pris , et ont frappé les serviteurs au tranchant de l&#039;épée ; et je suis échappé moi seul pour te le rapporter . Comme celui-là parlait encore , un autre arriva , et dit : Le feu de Dieu est tombé des cieux , et a embrasé les brebis , et les serviteurs , et les a consumés ; et je suis échappé moi seul pour te le rapporter . Comme celui-là parlait encore , un autre arriva , et dit : Les Caldéens , rangés en trois bandes , se sont jetés sur les chameaux , et les ont pris , et ont frappé les serviteurs au tranchant de l&#039;épée ; et je suis échappé moi seul pour te le rapporter . Comme celui-là parlait encore , un autre arriva , et dit : Tes fils et tes filles mangeaient et buvaient dans la maison de leur frère aîné , Et voici , un grand vent s&#039;est levé de delà le désert , et a heurté contre les quatre coins de la maison , qui est tombée sur ces jeunes gens , et ils sont morts ; et je suis échappé moi seul pour te le rapporter . Alors Job se leva , et déchira son manteau , et rasa sa tête , et se jetant par terre , se prosterna , Et dit : Je suis sorti nu du ventre de ma mère , et nu je retournerai là . L&#039; Eternel l&#039;avait donné , l&#039; Eternel l&#039;a ôté : le nom de l&#039; Eternel soit béni ! En tout cela Job ne pécha point , et il n&#039;attribua rien à Dieu d&#039;indigne de lui . Or il arriva un jour que les enfants de Dieu vinrent pour se présenter devant l&#039; Eternel , et que Satan aussi entra parmi eux pour se présenter devant l&#039; Eternel . Et l&#039; Eternel dit à Satan : D&#039;où viens-tu ? Et Satan répondit à l&#039; Eternel , en disant : Je viens de courir sur la terre , et de m&#039;y promener . Et l&#039; Eternel dit à Satan : N&#039;as-tu point considéré mon serviteur Job , qui n&#039;a point d&#039;égal sur la terre ; homme sincère et droit , craignant Dieu , et se détournant du mal ? et qui même retient encore son intégrité , quoique tu m&#039;aies incité contre lui pour l&#039;engloutir sans sujet . Et Satan répondit à l&#039; Eternel , en disant : Chacun donnera peau pour peau , et tout ce qu&#039;il a , pour sa vie . Mais étends maintenant ta main , et frappe ses os et sa chair , [ et tu verras ] s&#039;il ne te blasphème point en face . Et l&#039; Eternel dit à Satan : Voici il est en ta main ; seulement ne touche point à sa vie . Ainsi Satan sortit de devant l&#039; Eternel , et frappa Job d&#039;un ulcère malin , depuis la plante de son pied jusqu&#039;au sommet de la tête . Et Job prit un test pour s&#039;en gratter ; et était assis sur les cendres . Et sa femme lui dit : Conserveras-tu encore ton intégrité ? Bénis Dieu , et meurs . Et il lui répondit : Tu parles comme une femme insensée . Quoi ! nous recevrions de Dieu les biens , et nous n&#039;en recevrions pas les maux ? En tout cela Job ne pécha point par ses lèvres . Or trois des intimes amis de Job , Eliphas Témanite , Bildad Suhite , et Tsophar Nahamathite , ayant appris tous les maux qui lui étaient arrivés , vinrent chacun du lieu de leur demeure , après être convenus ensemble d&#039;un jour pour venir se condouloir avec lui , et le consoler . Et levant leurs yeux de loin ils ne le reconnurent point , et élevant leur voix ils pleurèrent ; et ils déchirèrent chacun leur manteau , et répandirent de la poudre sur leurs têtes [ en la jetant ] vers les cieux . Et ils s&#039;assirent à terre avec lui , pendant sept jours et sept nuits , et nul d&#039;eux ne lui dit rien , parce qu&#039;ils voyaient que sa douleur était fort grande . Après cela , Job ouvrit la bouche , et maudit son jour . Car prenant la parole , il dit : Périsse le jour auquel je naquis , et la nuit en laquelle il fut dit : Un enfant mâle est né ! Que ce jour-là ne soit que ténèbres ; que Dieu ne le recherche point d&#039;en haut , et qu&#039;il ne soit point éclairé de la lumière ! Que les ténèbres et l&#039;ombre de la mort le rendent souillé ; que les nuées demeurent sur lui ; qu&#039;il soit rendu terrible comme le jour de ceux à qui la vie est amère ! Que l&#039;obscurité couvre cette nuit-là , qu&#039;elle ne se réjouisse point d&#039;être parmi les jours de l&#039;année , et qu&#039;elle ne soit point comptée parmi les mois ! Voilà , que cette nuit soit solitaire , qu&#039;on ne se réjouisse point en elle ! Que ceux qui [ ont accoutumé ] de maudire les jours et ceux qui sont prêts à renouveler leur deuil , la maudissent ! Que les étoiles de son crépuscule soient obscurcies ; qu&#039;elle attende la lumière , mais qu&#039;il n&#039;y en ait point , et qu&#039;elle ne voie point les rayons de l&#039;aube du jour ! Parce qu&#039;elle n&#039;a pas fermé le ventre qui m&#039;a porté , et qu&#039;elle n&#039;a point caché le tourment loin de mes yeux . Que ne suis-je mort dès la matrice ; que n&#039;ai-je expiré aussitôt que je suis sorti du ventre [ de ma mère ] ! Pourquoi les genoux m&#039;ont-ils reçu ? pourquoi [ m&#039;a-t-on présenté ] les mamelles afin que je les suçasse ? Car maintenant je serais couché , je me reposerais , je dormirais ; il y aurait eu dès lors du repos pour moi , Avec les Rois et les Gouverneurs de la terre , qui se bâtissent des solitudes ; Ou avec les Princes qui ont eu de l&#039;or , [ et ] qui ont rempli d&#039;argent leurs maisons . Ou que n&#039;ai-je été comme un avorton caché ; comme les petits enfants qui n&#039;ont point vu la lumière ! Là les méchants ne tourmentent plus [ personne ] , et là demeurent en repos ceux qui ont perdu leur force . Pareillement ceux qui avaient été dans les liens , jouissent [ là ] du repos , et n&#039;entendent plus la voix de l&#039;exacteur . Le petit et le grand sont là ; [ et là ] l&#039;esclave n&#039;est plus sujet à son seigneur . Pourquoi la lumière est-elle donnée au misérable , et la vie à ceux qui ont le cœur dans l&#039;amertume ; Qui attendent la mort , et elle ne vient point , et qui la recherchent plus que les trésors ; Qui seraient ravis de joie [ et ] seraient dans l&#039;allégresse , s&#039;ils avaient trouvé le sépulcre ? [ Pourquoi , dis-je , la lumière est-elle donnée ] à l&#039;homme à qui le chemin est caché , et que Dieu a enfermé de tous côtés ? Car avant que je mange , mon soupir vient , et mes rugissements coulent comme des eaux . Parce que ce que je craignais le plus , m&#039;est arrivé , et ce que j&#039;appréhendais , m&#039;est survenu . Je n&#039;ai point eu de paix , je n&#039;ai point eu de repos , ni de calme , depuis que ce trouble m&#039;est arrivé . Alors Eliphas Témanite prit la parole , et dit : Si nous entreprenons de te parler , te fâcheras-tu ? mais qui pourrait s&#039;empêcher de parler ? Voilà , tu en as enseigné plusieurs , et tu as renforcé les mains lâches . Tes paroles ont affermi ceux qui chancelaient , et tu as fortifié les genoux qui pliaient . Et maintenant que ceci t&#039;est arrivé , tu t&#039;en fâches ! il t&#039;a atteint , et tu en es tout troublé . Ta piété n&#039;a-t-elle pas été ton espérance ? et l&#039;intégrité de tes voies [ n&#039;a-t-elle pas été ] ton attente ? Rappelle , je te prie , dans ton souvenir , où est l&#039;innocent qui ait jamais péri , et où les hommes droits ont-ils [ jamais ] été exterminés ? Mais j&#039;ai vu que ceux qui labourent l&#039;iniquité , et qui sèment l&#039;outrage , les moissonnent . Ils périssent par le souffle de Dieu , et ils sont consumés par le vent de ses narines . [ Il étouffe ] le rugissement du lion , et le cri d&#039;un grand lion , et il arrache les dents des lionceaux . Le lion périt par faute de proie , et les petits du vieux lion sont dissipés . Mais quant à moi , une parole m&#039;a été adressée en secret , et mon oreille en a entendu quelque peu . Pendant les pensées diverses des visions de la nuit , quand un profond sommeil saisit les hommes , Une frayeur et un tremblement me saisirent qui étonnèrent tous mes os . Un esprit passa devant moi , [ et ] mes cheveux en furent tout hérissés . Il se tint là , mais je ne connus point son visage ; une représentation était devant mes yeux , et j&#039;ouïs une voix basse [ qui disait ] : L&#039;homme sera-t-il plus juste que Dieu ? l&#039;homme sera-t-il plus pur que celui qui l&#039;a fait ? Voici , il ne s&#039;assure point sur ses serviteurs , et il met la lumière dans ses Anges : Combien moins [ s&#039;assurera-t-il ] en ceux qui demeurent dans des maisons d&#039;argile ; en ceux dont le fondement est dans la poussière , et qui sont consumés à la rencontre d&#039;un vermisseau ? Du matin au soir ils sont brisés , et , sans qu&#039;on s&#039;en aperçoive , ils périssent pour toujours . L&#039;excellence qui était en eux , n&#039;a-t-elle pas été emportée ? Ils meurent sans être sages . Crie maintenant ; y aura-t-il quelqu&#039;un qui te réponde ? et vers qui d&#039;entre les saints te tourneras-tu ? Certainement la colère tue le fou , et le dépit fait mourir le sot . J&#039;ai vu le fou qui s&#039;enracinait , mais j&#039;ai aussitôt maudit sa demeure . Ses enfants , bien loin de trouver de la sûreté , sont écrasés aux portes , et personne ne les délivre . Sa moisson est dévorée par l&#039;affamé , qui même la ravit d&#039;entre les épines ; et le voleur engloutit leurs biens . Or le tourment ne sort pas de la poussière , et le travail ne germe pas de la terre ; Quoique l&#039;homme naisse pour être agité , comme les étincelles pour voler en haut . Mais moi , j&#039;aurais recours au [ Dieu ] Fort , et j&#039;adresserais mes paroles à Dieu , Qui fait des choses si grandes qu&#039;on ne les peut sonder , [ et ] tant de choses merveilleuses , qu&#039;il est impossible de les compter . Qui répand la pluie sur la face de la terre , et qui envoie les eaux sur les campagnes . Qui élève ceux qui sont bas , et qui fait que ceux qui sont en deuil sont en sûreté dans une haute retraite . Il dissipe les pensées des hommes rusés , de sorte qu&#039;ils ne viennent point à bout de leurs entreprises . Il surprend les sages en leur ruse , et le conseil des méchants est renversé . De jour ils rencontrent les ténèbres , et ils marchent à tâtons en plein midi , comme dans la nuit . Mais il délivre le pauvre de [ leur ] épée , de leur bouche , et de la main de l&#039;homme puissant . Ainsi il arrive au pauvre ce qu&#039;il a espéré , mais l&#039;iniquité a la bouche fermée . Voilà , ô que bienheureux est celui que Dieu châtie ! ne rejette donc point le châtiment du Tout-puissant . Car c&#039;est lui qui fait la plaie , et qui la bande ; il blesse , et ses mains guérissent . Il te délivrera dans six afflictions , et à la septième le mal ne te touchera point . En temps de famine il te garantira de la mort , et en temps de guerre [ il te préservera ] de l&#039;épée . Tu seras à couvert du fléau de la langue , et tu n&#039;auras point peur du pillage quand il arrivera ; Tu riras durant le pillage et durant la famine , et tu n&#039;auras point peur des bêtes sauvages . Même tu feras accord avec les pierres des champs , tu seras en paix avec les bêtes sauvages . Tu connaîtras que la prospérité sera dans ta tente ; tu pourvoiras à ta demeure , et tu n&#039;y seras point trompé . Et tu verras croître ta postérité et tes descendants , comme l&#039;herbe de la terre . Tu entreras au sépulcre en vieillesse , comme un monceau de gerbes s&#039;entasse en sa saison . Voilà , nous avons examiné cela , et il est ainsi ; écoute-le , et le sache pour ton bien . Mais Job répondit , et dit : Plût à Dieu que mon indignation fût bien pesée , et qu&#039;on mît ensemble dans une balance ma calamité ! Car elle serait plus pesante que le sable de la mer ; c&#039;est pourquoi mes paroles sont englouties . Parce que les flèches du Tout-puissant sont au dedans de moi ; mon esprit en suce le venin ; les frayeurs de Dieu se dressent en bataille contre moi . L&#039;âne sauvage braira-t-il après l&#039;herbe , et le bœuf mugira-t-il après son fourrage ? Mangera-t-on sans sel ce qui est fade ? trouvera-t-on de la saveur dans le blanc d&#039;un œuf ? Mais pour moi , les choses que je n&#039;aurais pas seulement voulu toucher , sont des saletés qu&#039;il faut que je mange . Plût à Dieu que ce que je demande m&#039;arrivât , et que Dieu me donnât ce que j&#039;attends ; Et que Dieu voulût m&#039;écraser , et [ qu&#039;il voulût ] lâcher sa main pour m&#039;achever ! Mais j&#039;ai encore cette consolation , quoique la douleur me consume , et qu&#039;elle ne m&#039;épargne point , que je n&#039;ai point tû les paroles du Saint . Quelle est ma force , que je puisse soutenir [ de si grands maux ] ? et quelle [ en est ] la fin , que je puisse prolonger ma vie ? Ma force est-elle une force de pierre , et ma chair est-elle d&#039;acier ? Ne suis-je pas destitué de secours , et tout appui n&#039;est-il pas éloigné de moi ? A celui qui se fond [ sous l&#039;ardeur des maux , est due ] la compassion de son ami ; mais il a abandonné la crainte du Tout-puissant . Mes frères m&#039;ont manqué comme un torrent , comme le cours impétueux des torrents qui passent ; Lesquels on ne voit point à cause de la glace , et sur lesquels s&#039;entasse la neige ; Lesquels , au temps que la chaleur donne dessus , défaillent ; quand ils sentent la chaleur , ils disparaissent de leur lieu ; Lesquels serpentant çà et là par les chemins , se réduisent à rien , et se perdent . Les troupes des voyageurs de Téma y pensaient , ceux qui vont en Séba s&#039;y attendaient ; [ Mais ] ils sont honteux d&#039;y avoir espéré ; ils y sont allés , et ils en ont rougi . Certes , vous m&#039;êtes devenus inutiles ; vous avez vu ma calamité étonnante , et vous en avez eu horreur . Est-ce que je vous ai dit : Apportez-moi et me faites des présents de votre bien ? Et délivrez-moi de la main de l&#039;ennemi , et me rachetez de la main des terribles ? Enseignez-moi , et je me tairai ; et faites-moi entendre en quoi j&#039;ai erré . Ô combien sont fortes les paroles de vérité ! mais votre censure , à quoi tend-elle ? Pensez-vous qu&#039;il ne faille avoir que des paroles pour censurer ; et que les discours de celui qui est hors d&#039;espérance , ne soient que du vent ? Vous vous jetez même sur un orphelin , et vous percez votre intime ami . Mais maintenant je vous prie regardez-moi bien , si je mens en votre présence ! Revenez , je vous prie , [ et ] qu&#039;il n&#039;y ait point d&#039;injustice [ en vous ] ; oui , revenez encore ; car je ne suis point coupable en cela . Y a-t-il de l&#039;iniquité en ma langue ? et mon palais ne sait-il pas discerner mes calamités ? N&#039;y a-t-il pas un temps de guerre limité à l&#039;homme sur la terre ? et ses jours ne sont-ils pas comme les jours d&#039;un mercenaire ? Comme le serviteur soupire après l&#039;ombre , et comme l&#039;ouvrier attend son salaire ; Ainsi il m&#039;a été donné pour mon partage des mois qui ne m&#039;apportent rien ; et il m&#039;a été assigné des nuits de travail . Si je suis couché , je dis , quand me lèverai-je ? et quand est-ce que la nuit aura achevé sa mesure ? et je suis plein d&#039;inquiétudes jusqu&#039;au point du jour . Ma chair est couverte de vers et de monceaux de poussière ; ma peau se crevasse , et se dissout . Mes jours ont passé plus légèrement que la navette d&#039;un tisserand , et ils se consument sans espérance . Souviens-toi , [ ô Eternel ! ] que ma vie n&#039;est qu&#039;un vent , et que mon œil ne reviendra plus voir le bien . L&#039;œil de ceux qui me regardent ne me verra plus ; tes yeux seront sur moi , et je ne serai plus . [ Comme ] la nuée se dissipe et s&#039;en va , ainsi celui qui descend au sépulcre ne remontera plus . Il ne reviendra plus en sa maison , et son lieu ne le reconnaîtra plus . C&#039;est pourquoi je ne retiendrai point ma bouche , je parlerai dans l&#039;angoisse de mon esprit , je discourrai dans l&#039;amertume de mon âme . Suis-je une mer , ou une baleine , que tu mettes des gardes autour de moi ? Quand je dis : Mon lit me soulagera ; le repos diminuera quelque chose de ma plainte ; Alors tu m&#039;étonnes par des songes , et tu me troubles par des visions . C&#039;est pourquoi je choisirais d&#039;être étranglé , et de mourir , plutôt que [ de conserver ] mes os . Je suis ennuyé [ de la vie , aussi ] ne vivrai-je pas toujours . Retire-toi de moi , car mes jours ne sont que vanité . Qu&#039;est-ce que de l&#039;homme [ mortel ] que tu le regardes comme quelque chose de grand ? et que tu l&#039;affectionnes ? Et que tu le visites chaque matin ; que tu l&#039;éprouves à tout moment ? Jusqu&#039;à quand ne te retireras-tu point de moi ? Ne me permettras-tu point d&#039;avaler ma salive ? J&#039;ai péché ; que te ferai-je , Conservateur des hommes ? pourquoi m&#039;as-tu mis pour t&#039;être en butte ; et pourquoi suis-je à charge à moi-même ? Et pourquoi n&#039;ôtes-tu point mon péché , et ne fais-tu point passer mon iniquité ? car bientôt je dormirai dans la poussière ; et si tu me cherches [ le matin ] , je ne [ serai ] plus . Alors Bildad Suhite prit la parole , et dit : Jusqu&#039;à quand parleras-tu ainsi , et les paroles de ta bouche seront-elles comme un vent impétueux ? Le [ Dieu ] Fort renverserait-il le droit , et le Tout-puissant renverserait-il la justice ? Si tes enfants ont péché contre lui , il les a aussi livrés en la main de leur crime . [ Mais ] si tu recherches le [ Dieu ] Fort de bon matin , et que tu demandes grâce au Tout-puissant ; Si tu es pur et droit , certainement il se réveillera pour toi , et fera prospérer la demeure de ta justice . Et ton commencement aura été petit , mais ta dernière condition sera beaucoup accrue . Car , je te prie , enquiers-toi des générations précédentes , et applique-toi à t&#039;informer soigneusement de leurs pères . Car nous ne sommes que du jour d&#039;hier , et nous ne savons rien ; parce que nos jours sont sur la terre comme une ombre . Ceux-là ne t&#039;enseigneront-ils pas , ne te parleront-ils pas , et ne tireront-ils pas des discours de leur cœur ? Le jonc montera-t-il sans qu&#039;il y ait du limon ? l&#039;herbe des marais croîtra-t-elle sans eau ? Ne se flétrira-t-elle pas même avant toute herbe , bien qu&#039;elle soit encore en sa verdure , et qu&#039;on ne la cueille point ? Il en sera ainsi des voies de tous ceux qui oublient le [ Dieu ] Fort ; et l&#039;espérance de l&#039;hypocrite périra . Son espérance sera frustrée , et sa confiance sera [ comme ] une toile d&#039;araignée . Il s&#039;appuiera sur sa maison , et elle n&#039;aura point de fermeté ; il la saisira de la main , et elle ne demeurera point debout . Mais [ l&#039;homme intègre ] est plein de vigueur étant exposé au soleil , et ses jets poussent par dessus son jardin . Ses racines s&#039;entrelacent près de la fontaine , et il embrasse le bâtiment de pierre . Fera-t-on qu&#039;il ne soit plus en sa place , et que [ le lieu où il était ] le renonce , [ en lui disant ] : Je ne t&#039;ai point vu ? Voilà , quelle est la joie qu&#039;il a de sa voie , même il en germera d&#039;autres de la poussière . Voilà , le [ Dieu ] Fort ne rejette point l&#039;homme intègre ; mais il ne soutient point la main des méchants . De sorte qu&#039;il remplira ta bouche de ris , et tes lèvres de chants d&#039;allégresse . Ceux qui te haïssent seront revêtus de honte , et le tabernacle des méchants ne sera plus . Mais Job répondit , et dit : Certainement je sais que cela est ainsi ; et comment l&#039;homme [ mortel ] se justifierait-il devant le [ Dieu ] Fort ? Si [ Dieu ] veut plaider avec lui , de mille articles il ne saurait lui répondre sur un seul . [ Dieu ] est sage de cœur , et puissant en force . Qui est-ce qui s&#039;est opposé à lui , et s&#039;en est bien trouvé ? Il transporte les montagnes , et quand il les renverse en sa fureur , elles n&#039;en connaissent rien . Il remue la terre de sa place , et ses piliers sont ébranlés . Il parle au soleil , et le soleil ne se lève point ; et c&#039;est lui qui tient les étoiles sous son cachet . C&#039;est lui seul qui étend les cieux ; qui marche sur les hauteurs de la mer ; Qui a fait le chariot , et l&#039; Orion , et la Poussinière , et les signes qui sont au fond du Midi ; Qui fait des choses si grandes qu&#039;on ne les peut sonder ; et tant de choses merveilleuses , qu&#039;on ne les peut compter . Voici , il passera près de moi , et je ne le verrai point ; et il repassera , et je ne l&#039;apercevrai point . Voilà , s&#039;il ravit , qui le lui fera rendre ? et qui est-ce qui lui dira : Que fais-tu ? Dieu ne retire point sa colère , et les hommes superbes qui viennent au secours , sont abattus sous lui . Combien moins lui répondrais-je , moi et arrangerais-je mes paroles contre lui ? Moi , je ne lui répondrai point , quand même je serais juste , [ mais ] je demanderai grâce à mon juge . Si je l&#039;invoque , et qu&#039;il me réponde , [ encore ] ne croirai-je point qu&#039;il ait écouté ma voix . Car il m&#039;a écrasé du milieu d&#039;un tourbillon , et il a ajouté plaie sur plaie , sans que je l&#039;aie mérité . Il ne me permet point de reprendre haleine , mais il me remplit d&#039;amertumes . S&#039;il est question de savoir qui est le plus fort ; voilà , il est fort ; et [ s&#039;il est question d&#039;aller ] en justice , qui est-ce qui m&#039;y fera comparaître ? Si je me justifie , ma propre bouche me condamnera ; [ si je me fais ] parfait , il me convaincra d&#039;être coupable . Quand je serais parfait , je ne me soucierais pas de vivre , je dédaignerais la vie . Tout revient à un ; c&#039;est pourquoi j&#039;ai dit qu&#039;il consume l&#039;homme juste et le méchant . [ Au moins ] si le fléau [ dont il frappe ] faisait mourir tout aussitôt ; [ mais ] il se rit de l&#039;épreuve des innocents . [ C&#039;est par lui que ] la terre est livrée entre les mains du méchant ; c&#039;est lui qui couvre la face des juges de la [ terre ] ; et si ce n&#039;est pas lui , qui est-ce donc ? Or mes jours ont été plus vite qu&#039;un courrier ; ils s&#039;en sont fuis , et n&#039;ont point vu de bien . Ils ont passé [ comme ] des barques de poste ; comme un aigle qui vole après la proie . Si je dis : J&#039;oublierai ma plainte , je renoncerai à ma colère , je me fortifierai ; Je suis épouvanté de tous mes tourments . Je sais que tu ne me jugeras point innocent . Je serai [ trouvé ] méchant ; pourquoi travaillerais-je en vain ? Si je me lave dans de l&#039;eau de neige , et que je nettoie mes mains dans la pureté , Alors tu me plongeras dans un fossé , et mes vêtements m&#039;auront en horreur . Car il n&#039;est pas comme moi un homme , pour que je lui réponde , [ et ] que nous allions ensemble en jugement . [ Mais ] il n&#039;y a personne qui prît connaissance de la cause qui serait entre nous , [ et ] qui mît la main sur nous deux . Qu&#039;il ôte [ donc ] sa verge de dessus moi , et que la frayeur que j&#039;ai de lui ne me trouble plus . Je parlerai , et je ne le craindrai point ; mais dans l&#039;état où je suis je ne suis point à moi-même . Mon âme est ennuyée de ma vie ; je m&#039;abandonnerai à ma plainte , je parlerai dans l&#039;amertume de mon âme . Je dirai à Dieu : Ne me condamne point ; montre-moi pourquoi tu plaides contre moi ? Te plais-tu à m&#039;opprimer , et à dédaigner l&#039;ouvrage de tes mains , et à bénir les desseins des méchants ? As-tu des yeux de chair ? vois-tu comme voit un homme [ mortel ] ? Tes jours sont-ils comme les jours de l&#039;homme [ mortel ? ] tes années sont-elles comme les jours de l&#039;homme ? Que tu recherches mon iniquité , et que tu t&#039;informes de mon péché ! Tu sais que je n&#039;ai point commis de crime , et qu&#039;il n&#039;y a personne qui me délivre de ta main . Tes mains m&#039;ont formé , et elles ont rangé toutes les parties de mon corps ; et tu me détruirais ! Souviens-toi , je te prie , que tu m&#039;as formé comme de la boue , et que tu me feras retourner en poudre . Ne m&#039;as-tu pas coulé comme du lait ? et ne m&#039;as-tu pas fait cailler comme un fromage ? Tu m&#039;as revêtu de peau et de chair , et tu m&#039;as composé d&#039;os et de nerfs . Tu m&#039;as donné la vie , et tu as usé de miséricorde envers moi , et [ par ] tes soins continuels tu as gardé mon esprit . Et cependant tu gardais ces choses en ton cœur ; mais je connais que cela était par-devers toi . Si j&#039;ai péché , tu m&#039;as aussi remarqué ; et tu ne m&#039;as point tenu quitte de mon iniquité . Si j&#039;ai fait méchamment , malheur à moi ! si j&#039;ai été juste , je n&#039;en lève pas la tête plus haut . Je suis rempli d&#039;ignominie ; mais regarde mon affliction . Elle va en augmentant ; tu chasses après moi , comme un grand lion , et tu y reviens ; tu te montres merveilleux contre moi . Tu renouvelles tes témoins contre moi , et ton indignation augmente contre moi . De nouvelles troupes toutes fraîches [ viennent ] contre moi . Et pourquoi m&#039;as-tu tiré de la matrice ? que n&#039;y suis-je expiré , afin qu&#039;aucun œil ne m&#039;eût vu ! Et que j&#039;eusse été comme n&#039;ayant jamais été , et que j&#039;eusse été porté du ventre [ de ma mère ] au sépulcre ! Mes jours ne sont-ils pas en petit nombre ? Cesse donc et te retire de moi , et [ permets ] que je me renforce un peu . Avant que j&#039;aille au lieu d&#039;où je ne reviendrai plus ; en la terre de ténèbres , et de l&#039;ombre de la mort ; Terre d&#039;une grande obscurité , comme [ étant ] les ténèbres de l&#039;ombre de la mort , où il n&#039;y a aucun ordre , et où rien ne luit que des ténèbres . Alors Tsophar Nahamathite prit la parole , et dit : Ne répondra-t-on point à tant de discours , et [ ne faudra-t-il ] qu&#039;être un grand parleur , pour être justifié ? Tes menteries feront-elles taire les gens ? et quand tu te seras moqué , n&#039;y aura-t-il personne qui te fasse honte ? Car tu as dit : Ma doctrine est pure , et je suis net devant tes yeux . Mais certainement , il serait à souhaiter que Dieu parlât , et qu&#039;il ouvrît ses lèvres [ pour disputer ] avec toi . Car il te déclarerait les secrets de la sagesse , [ savoir ] , qu&#039;il devrait redoubler la conduite qu&#039;il tient envers toi ; sache donc que Dieu exige de toi beaucoup moins que ton iniquité [ ne mérite ] . Trouveras-tu [ le fond en ] Dieu en le sondant ? Connaîtras-tu parfaitement le Tout-puissant ? Ce sont les hauteurs des cieux , qu&#039;y feras-tu ? C&#039;est une chose plus profonde que les abîmes , qu&#039;y connaîtras-tu ? Son étendue est plus longue que la terre , et plus large que la mer . S&#039;il remue , et qu&#039;il resserre , ou qu&#039;il rassemble , qui l&#039;en détournera ? Car il connaît les hommes perfides , et ayant vu l&#039;oppression , n&#039;y prendra-t-il pas garde ? Mais l&#039;homme vide de sens devient intelligent , quoique l&#039;homme naisse comme un ânon sauvage . Si tu disposes ton cœur , et que tu étendes tes mains vers lui ; Si tu éloignes de toi l&#039;iniquité qui est en ta main , et si tu ne permets point que la méchanceté habite dans tes tentes ; Alors certainement tu pourras élever ton visage , [ comme étant ] sans tache ; tu seras ferme , et tu ne craindras rien . Tu oublieras [ tes ] travaux , et tu ne t&#039;en souviendras pas plus que des eaux [ qui ] se sont écoulées . Et le temps [ de ta vie ] se haussera plus qu&#039;au midi ; tu resplendiras , [ et ] seras comme le matin même . Tu seras plein de confiance , parce qu&#039;il y aura de l&#039;espérance [ pour toi ] ; tu creuseras , et tu reposeras sûrement . Tu te coucheras , et il n&#039;y aura personne qui t&#039;épouvante , et plusieurs te feront la cour . Mais les yeux des méchants seront consumés et il n&#039;y aura point d&#039;asile pour eux , et leur espérance sera de rendre l&#039;âme . Mais Job répondit , et dit : Vraiment , êtes-vous tout un peuple ; et la sagesse mourra-t-elle avec vous ? J&#039;ai du bon sens aussi bien que vous , et je ne vous suis point inférieur ; et qui [ est-ce qui ne sait ] de telles choses ? Je suis un homme qui est en risée à son ami , [ mais ] qui invoquera Dieu , et Dieu lui répondra . On se moque d&#039;un homme qui est juste et droit . Celui dont les pieds sont tout prêts à glisser , est selon la pensée de celui qui est à son aise , un flambeau dont on ne tient plus de compte . Ce sont les tentes des voleurs [ qui ] prospèrent , et ceux-là sont assurés qui irritent le [ Dieu ] Fort , et ils sont ceux à qui Dieu remet tout entre les mains . Et , en effet , je te prie , interroge les bêtes , et [ chacune d&#039;elles ] t&#039;enseignera ; ou les oiseaux des cieux , et ils te le déclareront ; Ou parle à la terre , et elle t&#039;enseignera ; même les poissons de la mer te le raconteront ; Qui est-ce qui ne sait toutes ces choses , [ et ] que c&#039;est la main de l&#039; Eternel qui a fait cela ? [ Car c&#039;est lui ] en la main duquel est l&#039;âme de tout ce qui vit , et l&#039;esprit de toute chair humaine . L&#039;oreille ne discerne-t-elle pas les discours , ainsi que le palais savoure les viandes ? La sagesse est dans les vieillards , et l&#039;intelligence [ est le fruit ] d&#039;une longue vie . Mais en lui est la sagesse et la force ; à lui appartient le conseil et l&#039;intelligence . Voilà , il démolira , et on ne rebâtira point ; s&#039;il ferme sur quelqu&#039;un , on n&#039;ouvrira point . Voilà , il retiendra les eaux , et tout deviendra sec ; il les lâchera , et elles renverseront la terre . En lui est la force et l&#039;intelligence ; à lui est celui qui s&#039;égare , et celui qui le fait égarer . Il emmène dépouillés les conseillers , et il met hors du sens les juges . Il détache la ceinture des Rois , et il serre leurs reins de sangles . Il emmène nus ceux qui sont en autorité , et il renverse les forts . Il ôte la parole à ceux qui sont les plus assurés en leurs discours , et il prive de sens les anciens . Il répand le mépris sur les principaux ; il rend lâche la ceinture des forts . Il met en évidence les choses qui étaient cachées dans les ténèbres , et il produit en lumière l&#039;ombre de la mort . Il multiplie les nations , et les fait périr ; il répand çà et là les nations , et puis il les ramène . Il ôte le cœur aux Chefs des peuples de la terre , et les fait errer dans les déserts où il n&#039;y a point de chemin . Ils vont à tâtons dans les ténèbres , sans aucune clarté , et il les fait chanceler comme des gens ivres . Voici , mon œil a vu toutes ces choses , [ et ] mon oreille les a ouïes et entendues . Comme vous les savez , je les sais aussi ; je ne vous suis pas inférieur . Mais je parlerai au Tout-puissant , et je prendrai plaisir à dire mes raisons au [ Dieu ] Fort . Et certes vous inventez des mensonges ; vous êtes tous des médecins inutiles . Plût à Dieu que vous demeurassiez entièrement dans le silence ; et cela vous serait réputé à sagesse . Ecoutez donc maintenant mon raisonnement , et soyez attentifs à la défense de mes lèvres : Allégueriez-vous des choses injustes , en faveur du [ Dieu ] Fort , et diriez-vous quelque fausseté pour lui ? Ferez-vous acception de sa personne , si vous plaidez la cause du [ Dieu ] Fort ? Vous en prendra-t-il bien , s&#039;il vous sonde ? vous jouerez-vous de lui , comme on se joue d&#039;un homme [ mortel ] ? Certainement il vous censurera , si même en secret vous faites acception de personnes . Sa majesté ne vous épouvantera-t-elle point ? et sa frayeur ne tombera-t-elle point sur vous ? Vos discours mémorables sont des sentences de cendre , et vos éminences sont des éminences de boue . Taisez-vous devant moi , et que je parle ; et qu&#039;il m&#039;arrive ce qui pourra . Pourquoi porté-je ma chair entre mes dents , et tiens-je mon âme entre mes mains ? Voilà , qu&#039;il me tue , je ne laisserai pas d&#039;espérer [ en lui ] ; et je défendrai ma conduite en sa présence . Et qui plus est , il sera lui-même ma délivrance ; mais l&#039;hypocrite ne viendra point devant sa face . Ecoutez attentivement mes discours , et prêtez l&#039;oreille à ce que je vais vous déclarer . Voilà , aussitôt que j&#039;aurai déduit par ordre mon droit , je sais que je serai justifié . Qui est-ce qui veut disputer contre moi ? car maintenant si je me tais , je mourrai . Seulement ne me fais point ces deux choses , [ et ] alors je ne me cacherai point devant ta face ; Retire ta main de dessus moi , et que ta frayeur ne me trouble point . Puis appelle-moi , et je répondrai ; ou bien je parlerai , et tu me répondras . Combien ai-je d&#039;iniquités et de péchés ? Montre-moi mon crime et mon péché . Pourquoi caches-tu ta face , et me tiens-tu pour ton ennemi ? Déploieras-tu tes forces contre une feuille que le vent emporte ? poursuivras-tu du chaume tout sec ? Que tu donnes contre moi des arrêts d&#039;amertume , et que tu me fasses porter la peine des péchés de ma jeunesse ? Et que tu mettes mes pieds aux ceps , et observes tous mes chemins ? et que tu suives les traces de mes pieds ? Car celui [ que tu poursuis de cette manière , ] s&#039;en va par pièces comme du bois vermoulu , et comme une robe que la teigne a rongée . L&#039;homme né de femme est de courte vie , et rassasié d&#039;agitations . Il sort comme une fleur , puis il est coupé , et il s&#039;enfuit comme une ombre qui ne s&#039;arrête point . Cependant tu as ouvert tes yeux sur lui , et tu me tires en cause devant toi . Qui est-ce qui tirera le pur de l&#039;impur ? personne . Les jours de l&#039;homme sont déterminés , le nombre de ses mois est entre tes mains , tu lui as prescrit ses limites , et il ne passera point au delà . Retire-toi de lui , afin qu&#039;il ait du relâche , jusqu&#039;à ce que comme un mercenaire il ait achevé sa journée . Car si un arbre est coupé , il y a de l&#039;espérance , et il poussera encore , et ne manquera pas de rejetons ; Quoique sa racine soit envieillie dans la terre , et que son tronc soit mort dans la poussière ; Dès qu&#039;il sentira l&#039;eau il regermera , et produira des branches , comme un arbre nouvellement planté . Mais l&#039;homme meurt , et perd toute sa force ; il expire ; et puis où est-il ? [ Comme ] les eaux s&#039;écoulent de la mer , et une rivière s&#039;assèche , et tarit ; Ainsi l&#039;homme est couché par terre , et ne se relève point ; jusqu&#039;à ce qu&#039;il n&#039;y ait plus de cieux ils ne se réveilleront point , et ne seront point réveillés de leur sommeil . Ô que tu me cachasses dans une fosse sous la terre , que tu m&#039;y misses à couvert jusqu&#039;à ce que ta colère fût passée , [ et ] que tu me donnasses un terme ; après lequel tu te souvinsses de moi ! Si l&#039;homme meurt , revivra-t-il ? J&#039;attendrai [ donc ] tous les jours de mon combat , jusqu&#039;à ce qu&#039;il m&#039;arrive du changement . Appelle-moi , et je te répondrai ; ne dédaigne point l&#039;ouvrage de tes mains . Or maintenant tu comptes mes pas , et tu n&#039;exceptes rien de mon péché . Mes péchés sont cachetés comme dans une valise , et tu as cousu ensemble mes iniquités . Car [ comme ] une montagne en tombant s&#039;éboule , et [ comme ] un rocher est transporté de sa place ; Et [ comme ] les eaux minent les pierres , et entraînent par leur débordement la poussière de la terre , avec tout ce qu&#039;elle a produit , tu fais ainsi périr l&#039;attente de l&#039;homme [ mortel ] . Tu te montres toujours plus fort que lui , et il s&#039;en va ; [ et ] lui ayant fait changer de visage , tu l&#039;envoies au loin . Ses enfants seront avancés , et il n&#039;en saura rien ; ou ils seront abaissés , et il ne s&#039;en souciera point . Seulement sa chair , [ pendant qu&#039;elle est ] sur lui , a de la douleur , et son âme s&#039;afflige [ tandis qu&#039;elle est ] en lui . Alors Eliphas Témanite prit la parole , et dit : Un homme sage proférera-t-il dans ses réponses une science aussi légère que le vent , des opinions vaines ; et remplira-t-il son ventre du vent d&#039; Orient ; Disputant avec des discours qui ne servent de rien , et avec des paroles dont on ne peut tirer aucun profit ? Certainement tu abolis la crainte [ de Dieu ] , et tu anéantis peu à peu la prière qu&#039;on doit présenter au [ Dieu ] Fort . Car ta bouche fait connaître ton iniquité , et tu as choisi un langage trompeur . C&#039;est ta bouche qui te condamne , et non pas moi ; et tes lèvres témoignent contre toi . Es-tu le premier homme né ? ou as-tu été formé avant les montagnes ? As-tu été instruit dans le conseil secret de Dieu , et renfermes-tu seul la sagesse ? Que sais-tu que nous ne sachions ? quelle connaissance as-tu que nous n&#039;ayons ? Il y a aussi parmi nous des hommes à cheveux blancs , et des gens d&#039;une fort grande vieillesse , il y en a même de plus âgés que ton père . Les consolations du [ Dieu ] Fort te semblent-elles trop petites ? et as-tu quelque chose de caché par-devers toi ? Qu&#039;est-ce qui t&#039;ôte le cœur , et pourquoi clignes-tu les yeux ? Que tu pousses ton souffle contre le [ Dieu ] Fort , et que tu fasses sortir de ta bouche de tels discours ? Qu&#039;est-ce que de l&#039;homme [ mortel ] , qu&#039;il soit pur , et de celui qui est né de femme , qu&#039;il soit juste ? Voici , [ le Dieu fort ] ne s&#039;assure point sur ses saints , et les cieux ne se trouvent point purs devant lui ; Et combien plus l&#039;homme , qui boit l&#039;iniquité comme l&#039;eau , est-il abominable et impur ? Je t&#039;enseignerai , écoute-moi , et je te raconterai ce que j&#039;ai vu ; Savoir ce que les sages ont déclaré , et qu&#039;ils n&#039;ont point caché ; ce qu&#039;ils avaient [ reçu ] de leurs pères ; Eux à qui seuls la terre a été donnée , et parmi lesquels l&#039;étranger n&#039;est point passé . Le méchant est [ comme ] en travail d&#039;enfant tous les jours de sa vie , et un [ petit ] nombre d&#039;années est réservé à l&#039;homme violent . Un cri de frayeur est dans ses oreilles ; au milieu de la paix [ il croit ] que le destructeur se jette sur lui . Il ne croit point pouvoir sortir des ténèbres ; et il est toujours regardé de l&#039;épée . Il court après le pain , en [ disant ] : où y en a-t-il ? il sait que le jour de ténèbres est tout prêt , et il le touche comme avec la main . L&#039;angoisse et l&#039;adversité l&#039;épouvantent , et chacune l&#039;accable , comme un Roi équipé pour le combat . Parce qu&#039;il a élevé sa main contre le [ Dieu ] Fort , et qu&#039;il s&#039;est roidi contre le Tout-puissant ; Il lui sautera au collet , [ et ] sur l&#039;épaisseur de ses gros boucliers . Parce que la graisse aura couvert son visage , et qu&#039;elle aura fait des replis sur son ventre . Et qu&#039;il aura habité dans les villes détruites , et dans des maisons où il ne demeurait plus personne , et qui étaient réduites en monceaux de pierres . Mais il n&#039;en sera pas plus riche , car ses biens ne subsisteront point , et leur entassement ne se répandra point sur la terre . Il ne pourra point se tirer des ténèbres ; la flamme séchera ses branches encore tendres ; il s&#039;en ira par le souffle de la bouche du [ Tout-puissant ] . Qu&#039;il ne s&#039;assure [ donc ] point sur la vanité par laquelle il a été séduit , car son changement lui sera inutile . Ce sera fait de lui avant son temps , ses branches ne reverdiront point . On lui ravira son aigret comme à une vigne ; et on [ lui ] fera tomber ses boutons comme à un olivier . Car la bande des hypocrites sera désolée ; le feu dévorera les tentes de [ ceux qui reçoivent les ] présents . Ils conçoivent le travail , et ils enfantent le tourment , et machinent dans le cœur des fraudes . Mais Job répondit , et dit : J&#039;ai souvent entendu de pareils discours ; vous [ êtes ] tous des consolateurs fâcheux . N&#039;y aura-t-il point de fin à des paroles légères comme le vent , et de quoi te fais-tu fort pour répliquer ainsi ? Parlerais-je comme vous faites , si vous étiez en ma place ; amasserais-je des paroles contre vous , ou branlerais-je ma tête contre vous ? Je vous fortifierais par mes discours , et le mouvement de mes lèvres soulagerait [ votre douleur ] . Si je parle , ma douleur n&#039;en sera point soulagée ; et si je me tais , qu&#039;en aurai-je moins ? Certes , il m&#039;a maintenant accablé ; tu as désolé toute ma troupe ; Tu m&#039;as tout couvert de rides , qui sont un témoignage [ des maux que je souffre ] ; et il s&#039;est élevé en moi une maigreur qui en rend aussi témoignage sur mon visage . Sa fureur [ m&#039; ] a déchiré , il s&#039;est déclaré mon ennemi , il grince les dents sur moi , et étant devenu mon ennemi il étincelle des yeux contre moi . Ils ouvrent leur bouche contre moi , ils me donnent des soufflets sur la joue pour me faire outrage , ils s&#039;amassent ensemble contre moi . Le [ Dieu ] Fort m&#039;a renfermé chez l&#039;injuste , il m&#039;a fait tomber entre les mains des méchants . J&#039;étais en repos , et il m&#039;a écrasé ; il m&#039;a saisi au collet , et m&#039;a brisé , et il s&#039;est fait de moi une bute . Ses archers m&#039;ont environné , il me perce les reins , et ne m&#039;épargne point ; il répand mon fiel par terre . Il m&#039;a brisé en me faisant plaie sur plaie , il a couru sur moi comme un homme puissant . J&#039;ai cousu un sac sur ma peau , et j&#039;ai terni ma gloire dans la poussière . Mon visage est couvert de boue à force de pleurer , et une ombre de mort est sur mes paupières ; Quoiqu&#039;il n&#039;y ait point d&#039;iniquité en mes mains , et que ma prière soit pure . Ô terre ! ne cache point le sang répandu par moi ; et qu&#039;il n&#039;y ait point de lieu pour mon cri . Mais maintenant voilà , mon témoin est aux cieux , mon témoin est dans les lieux hauts . Mes amis sont des harangueurs ; mais mon œil fond en larmes devant Dieu . Ô si l&#039;homme raisonnait avec Dieu comme un homme avec son intime ami ! Car les années de mon compte vont [ finir ] , et j&#039;entre dans un sentier d&#039;où je ne reviendrai plus . Mes esprits se dissipent , mes jours vont être éteints , le sépulcre [ m&#039;attend ] . Certes il n&#039;y a que des moqueurs auprès de moi , et mon œil veille toute la nuit dans les chagrins qu&#039;ils me font . Donne-moi , je te prie , [ donne-moi ] une caution auprès de toi ; [ mais ] qui est-ce qui me touchera dans la main ? Car tu as caché à leur cœur l&#039;intelligence , c&#039;est pourquoi tu ne les élèveras point . Et les yeux même des enfants de celui qui parle avec flatterie à ses intimes amis , seront consumés . Il m&#039;a mis pour être la fable des peuples , et je suis [ comme ] un tambour devant eux . Mon œil est terni de dépit , et tous les membres de mon corps sont comme une ombre . Les hommes droits seront étonnés de ceci , et l&#039;innocence se réveillera contre l&#039;hypocrite . Toutefois le juste se tiendra ferme dans sa voie , et celui qui a les mains nettes , se renforcera . Retournez donc vous tous , et revenez , je vous prie ; car je ne trouve point de sage entre vous . Mes jours sont passés , mes desseins sont rompus , [ et ] les pensées de mon cœur [ sont dissipées ] . On me change la nuit en jour , et on fait que la lumière se trouve proche des ténèbres . Certes je n&#039;ai plus à attendre que le sépulcre , qui va être ma maison ; j&#039;ai dressé mon lit dans les ténèbres . J&#039;ai crié à la fosse : tu es mon père ; et aux vers : vous êtes ma mère et ma sœur . Et où seront les choses que j&#039;ai attendues , et qui est-ce qui verra ces choses qui ont été le sujet de mon attente ? Elles descendront au fond du sépulcre ; certes elles reposeront ensemble [ avec moi ] dans la poussière . Alors Bildad Suhite prit la parole , et dit : Quand finirez-vous ces discours ? écoutez , et puis nous parlerons . Pourquoi sommes-nous regardés comme bêtes , [ et ] pourquoi nous tenez-vous pour souillés ? [ Ô toi ! ] qui te déchires toi-même en ta fureur , la terre sera-t-elle abandonnée à cause de toi , [ et ] les rochers seront-ils transportés de leur place ? Certainement , la lumière des méchants sera éteinte , et l&#039;étincelle de leur feu ne reluira point . La lumière sera obscurcie dans la tente de chacun d&#039;eux , et la lampe [ qui éclairait ] au-dessus d&#039;eux sera éteinte . Les démarches de sa force seront resserrées , et son conseil le renversera . Car il sera enlacé par ses pieds dans les filets , et il marchera sur des rets . Le lacet lui saisira le talon , et le voleur le saisissant en aura le dessus . Son piège est caché dans la terre , et sa trappe cachée sur son sentier . Les terreurs l&#039;assiégeront de tous côtés , et le feront trotter çà et là de ses pieds . Sa force sera affamée , et la calamité sera toujours à son côté . Le premier-né de la mort dévorera ce qui soutient sa peau , il dévorera , [ dis-je ] , ce qui le soutient . [ Les choses en quoi il mettait ] sa confiance seront arrachées de sa tente , et il sera conduit vers le Roi des épouvantements . On habitera dans sa tente , sans qu&#039;elle soit plus à lui ; et le soufre sera répandu sur sa maison de plaisance . Ses racines sécheront au dessous , et ses branches seront coupées en haut . Sa mémoire périra sur la terre , et on ne parlera plus de son nom dans les places . On le chassera de la lumière dans les ténèbres , et il sera exterminé du monde . Il n&#039;aura ni fils ni petit-fils parmi son peuple , et il n&#039;aura personne qui lui survive dans ses demeures . Ceux qui seront venus après lui , seront étonnés de son jour ; et ceux qui auront été avant lui en seront saisis d&#039;horreur . Certainement telles seront les demeures du pervers , et tel sera le lieu de celui qui n&#039;a point reconnu le [ Dieu ] Fort . Mais Job répondit , et dit : Jusqu&#039;à quand affligerez-vous mon âme , et m&#039;accablerez-vous de paroles ? Vous avez déjà par dix fois [ tâché ] de me couvrir de confusion . N&#039;avez-vous point honte de vous roidir ainsi contre moi ? Mais quand il serait vrai que j&#039;aurais péché , la faute serait pour moi . Mais si absolument vous voulez parler avec hauteur contre moi , et me reprocher mon opprobre ; Sachez donc que c&#039;est Dieu qui m&#039;a renversé , et qui a tendu son filet autour de moi . Voici je crie pour la violence qui m&#039;est faite , et je ne suis point exaucé ; je m&#039;écrie , et il n&#039;y a point de jugement . Il a fermé son chemin , tellement que je ne saurais passer ; et il a mis les ténèbres sur mes sentiers . Il m&#039;a dépouillé de ma gloire , il m&#039;a ôté la couronne de dessus la tête . Il m&#039;a détruit de tous côtés , et je m&#039;en vais ; il a fait disparaître mon espérance comme celle d&#039;un arbre [ que l&#039;on arrache ] . Il s&#039;est enflammé de colère contre moi , et m&#039;a traité comme un de ses ennemis . Ses troupes sont venues ensemble , et elles ont dressé leur chemin contre moi , et se sont campées autour de ma tente . Il a fait retirer loin de moi mes frères ; et ceux qui me connaissaient se sont fort éloignés de moi . Mes proches m&#039;ont abandonné , et ceux que je connaissais m&#039;ont oublié . Ceux qui demeuraient dans ma maison et mes servantes , m&#039;ont tenu pour un inconnu , [ et ] m&#039;ont réputé comme étranger . J&#039;ai appelé mon serviteur , mais il ne m&#039;a point répondu , quoique je l&#039;aie supplié de ma propre bouche . Mon haleine est devenue odieuse à ma femme ; quoique je la supplie par les enfants de mon ventre . Même les petits me méprisent , et si je me lève ils parlent contre moi . Tous ceux à qui je déclarais mes secrets , m&#039;ont en abomination ; et tous ceux que j&#039;aimais se sont tournés contre moi . Mes os sont attachés à ma peau et à ma chair , et il ne me reste d&#039;entier que la peau de mes dents . Ayez pitié de moi , ayez pitié de moi , vous mes amis ; car la main de Dieu m&#039;a frappé . Pourquoi me poursuivez-vous comme le [ Dieu ] Fort [ me poursuit ] , sans pouvoir vous rassasier de ma chair ? Plût à Dieu que maintenant mes discours fussent écrits ! Plût à Dieu qu&#039;ils fussent gravés dans un livre ; Avec une touche de fer , et sur du plomb , [ et ] qu&#039;ils fussent taillés sur une pierre de roche à perpétuité ! Car je sais que mon Rédempteur est vivant , et qu&#039;il demeurera le dernier sur la terre . Et lorsqu&#039;après ma peau ceci aura été rongé , je verrai Dieu de ma chair , Je le verrai moi-même , et mes yeux le verront , et non un autre . Mes reins se consument dans mon sein . Vous devriez plutôt dire : Pourquoi le persécutons-nous ? puisque le fondement de mes paroles se trouve en moi . Ayez peur de l&#039;épée ; car la fureur [ avec laquelle vous me persécutez ] , est [ du nombre ] des iniquités qui attirent l&#039;épée ; c&#039;est pourquoi sachez qu&#039;il y a un jugement . Alors Tsophar Nahamathite prit la parole , et dit : C&#039;est à cause de cela que mes pensées diverses me poussent à répondre , et que cette promptitude est en moi . J&#039;ai entendu la correction dont tu veux me faire honte , mais [ mon ] esprit [ tirera ] de mon intelligence la réponse pour moi . Ne sais-tu pas que de tout temps , [ et ] depuis que [ Dieu ] a mis l&#039;homme sur la terre , Le triomphe des méchants est de peu de durée , et que la joie de l&#039;hypocrite n&#039;est que pour un moment ? Quand sa hauteur monterait jusqu&#039;aux cieux , et que sa tête atteindrait jusqu&#039;aux nues , Il périra pour toujours comme ses ordures ; et ceux qui l&#039;auront vu , diront : Où est-il ? Il s&#039;en sera envolé comme un songe , et on ne le trouvera plus ; et il s&#039;enfuira comme une vision de nuit . L&#039;œil qui l&#039;aura vu ne le verra plus ; et son lieu ne le contemplera plus . Ses enfants feront la cour aux pauvres ; et ses mains restitueront ce qu&#039;il aura ravi par violence . Ses os seront pleins de la punition [ des péchés ] de sa jeunesse , et elle reposera avec lui dans la poudre . Si le mal est doux à sa bouche , et s&#039;il le cache sous sa langue ; S&#039;il l&#039;épargne , et ne le rejette point , mais le retient dans son palais ; Ce qu&#039;il mangera se changera dans ses entrailles en un fiel d&#039;aspic . Il a englouti les richesses , mais il les vomira , et le [ Dieu ] Fort les jettera hors de son ventre . Il sucera le venin de l&#039;aspic , et la langue de la vipère le tuera . Il ne verra point les ruisseaux des fleuves , ni les torrents de miel et de beurre . Il rendra [ ce qu&#039;il aura acquis par des ] vexations , et il ne l&#039;engloutira point ; [ il le rendra ] selon sa juste valeur , et il ne s&#039;en réjouira point . Parce qu&#039;il aura foulé les pauvres et les aura abandonnés , il aura ruiné sa maison , bien loin de la bâtir . Certainement il n&#039;en sentira point de contentement en son ventre , et il ne sauvera rien de ce qu&#039;il aura tant convoité . Il ne lui restera rien à manger , c&#039;est pourquoi il ne s&#039;attendra plus à son bien . Après que la mesure de ses biens aura été remplie , il sera dans la misère ; toutes les mains de ceux qu&#039;il aura opprimés se jetteront sur lui . S&#039;il a eu de quoi remplir son ventre , [ Dieu ] lui fera sentir l&#039;ardeur de sa colère , et [ la ] fera pleuvoir sur lui [ et ] sur sa viande . S&#039;il s&#039;enfuit de devant les armes de fer , l&#039;arc d&#039;airain le transpercera . Le trait décoché contre lui sortira tout au travers de son corps , et le fer étincelant sortira de son fiel ; toute sorte de frayeur marchera sur lui . Toutes les ténèbres seront renfermées dans ses demeures les plus secrètes ; un feu qu&#039;on n&#039;aura point soufflé , le consumera ; l&#039;homme qui restera dans sa tente sera malheureux . Les cieux découvriront son iniquité , et la terre s&#039;élèvera contre lui . Le revenu de sa maison sera transporté ; tout s&#039;écoulera au jour de la colère de Dieu [ contre lui ] . C&#039;est là la portion que Dieu réserve à l&#039;homme méchant , et l&#039;héritage qu&#039;il aura de Dieu pour ses discours . Mais Job répondit , et dit : Ecoutez attentivement mon discours , et cela me tiendra lieu de consolations de votre part . Supportez-moi , et je parlerai , et après que j&#039;aurai parlé , moquez-vous . Pour moi , mon discours s&#039;adresse-t-il à un homme ? si cela était , comment mon esprit ne défaudrait-il pas ? Regardez-moi , et soyez étonnés , et mettez la main sur la bouche . Quand je pense à [ mon état ] , j&#039;en suis tout étonné , et un tremblement saisit ma chair . Pourquoi les méchants vivent-ils , [ et ] vieillissent , et même pourquoi sont-ils les plus puissants ? Leur race se maintient en leur présence avec eux , et leurs rejetons s&#039;élèvent devant leurs yeux . Leurs maisons jouissent de la paix loin de la frayeur ; la verge de Dieu n&#039;est point sur eux . Leur vache conçoit , et n&#039;y manque point ; leur jeune vache se décharge de son veau , et n&#039;avorte point . Ils font sortir devant eux leurs petits , comme un troupeau de brebis , et leurs enfants sautent . Ils sautent au son du tambour et du violon , et se réjouissent au son des orgues . Ils passent leurs jours dans les plaisirs , et en un moment ils descendent au sépulcre . Cependant ils ont dit au [ Dieu ] Fort : Retire-toi de nous ; car nous ne nous soucions point de la science de tes voies . Qui est le Tout-puissant que nous le servions ? et quel bien nous reviendra-t-il de l&#039;avoir invoqué ? Voilà , leur bien n&#039;est pas en leur puissance . Que le conseil des méchants soit loin de moi ! Aussi combien de fois arrive-t-il que la lampe des méchants est éteinte , et que l&#039;orage vient sur eux ! [ Dieu ] leur distribuera leurs portions en sa colère . Ils seront comme la paille exposée au vent , et comme la balle qui est enlevée par le tourbillon . Dieu réservera aux enfants du méchant la punition de ses violences , il la leur rendra , et il le saura . Ses yeux verront sa ruine , et il boira [ le calice de ] la colère du Tout-puissant . Et quel plaisir aura-t-il en sa maison , laquelle il laisse après soi , puisque le nombre de ses mois aura été retranché ? Enseignerait-on la science au [ Dieu ] Fort , à lui qui juge ceux qui sont élevés ? L&#039;un meurt dans toute sa vigueur , tranquille et en repos ; Ses vaisseaux sont remplis de lait , et ses os sont abreuvés de moëlle . Et l&#039;autre meurt dans l&#039;amertume de son âme , et n&#039;ayant jamais fait bonne chère . Et néanmoins ils sont couchés également dans la poudre , et les vers les couvrent . Voilà , je connais vos pensées , et les jugements que vous formez contre moi . Car vous dites : Où est la maison de cet homme si puissant , et où est la tente dans laquelle les méchants demeuraient ? Ne vous êtes-vous jamais informés des voyageurs , et n&#039;avez-vous pas appris par les rapports qu&#039;ils vous ont faits , Que le méchant est réservé pour le jour de la ruine , pour le jour que les fureurs sont envoyées ? [ Mais ] qui le reprendra en face de sa conduite ? et qui lui rendra le mal qu&#039;il a fait ? Il sera néanmoins porté au sépulcre , et il demeurera dans le tombeau . Les mottes des vallées lui sont agréables ; et tout le monde s&#039;en va à la file après lui , et des gens sans nombre marchent au-devant de lui . Comment donc me donnez-vous des consolations vaines , puisqu&#039;il y a toujours de la prévarication dans vos réponses ? Alors Eliphas Témanite prit la parole , et dit : L&#039;homme apportera-t-il quelque profit au [ Dieu ] Fort ? c&#039;est plutôt à soi-même que l&#039;homme sage apporte du profit . Le Tout-puissant reçoit-il quelque plaisir , si tu es juste ? ou quelque gain , si tu marches dans l&#039;intégrité ? Te reprend-il , [ et ] entre-t-il avec toi en jugement pour la crainte qu&#039;il ait de toi ? Ta méchanceté n&#039;est-elle pas grande ? et tes injustices ne sont-elles pas sans fin ? Car tu as pris sans raison le gage de tes frères ; tu as ôté la robe à ceux qui étaient nus . Tu n&#039;as pas donné de l&#039;eau à boire à celui qui était fatigué [ du chemin ] ; tu as refusé ton pain à celui qui avait faim . La terre était à l&#039;homme puissant , et celui qui était respecté y habitait . Tu as envoyé les veuves vides , et les bras des orphelins ont été cassés . C&#039;est pour cela que les filets sont tendus autour de toi , et qu&#039;une frayeur subite t&#039;épouvante . Et les ténèbres [ sont autour de toi ] , tellement que tu ne vois point ; et le débordement des eaux te couvre . Dieu n&#039;habite-t-il pas au plus haut des cieux ? Regarde donc la hauteur des étoiles ; [ et ] combien elles sont élevées . Mais tu as dit : Qu&#039;est-ce que le [ Dieu ] Fort connaît ? Jugera-t-il au travers des nuées obscures ? Les nuées nous cachent à ses yeux , et il ne voit rien , il se promène sur le tour des cieux . [ Mais ] n&#039;as-tu pas pris garde au vieux chemin dans lequel les hommes injustes ont marché ? [ Et n&#039;as-tu pas pris garde ] qu&#039;ils ont été retranchés avant le temps ; et que ce sur quoi ils se fondaient s&#039;est écoulé comme un fleuve . Ils disaient au [ Dieu ] Fort : Retire-toi de nous . Mais qu&#039;est-ce que leur faisait le Tout-puissant ? Il avait rempli leur maison de biens . Que le conseil des méchants soit [ donc ] loin de moi ! Les justes le verront , et s&#039;en réjouiront , et l&#039;innocent se moquera d&#039;eux . Certainement notre état n&#039;a point été aboli , mais le feu a dévoré leur excellence . Attache-toi à lui , je te prie , et demeure en repos , par ce moyen il t&#039;arrivera du bien . Reçois , je te prie , la loi de sa bouche , et mets ses paroles en ton cœur . Si tu retournes au Tout-puissant , tu seras rétabli . Chasse l&#039;iniquité loin de ta tente . Et tu mettras l&#039;or sur la poussière , et l&#039;or d&#039; Ophir sur les rochers des torrents . Et le Tout-puissant sera ton or , et l&#039;argent de tes forces . Car alors tu trouveras tes délices dans le Tout-puissant , et tu élèveras ton visage vers Dieu . Tu le fléchiras par tes prières , et il t&#039;exaucera , et tu lui rendras tes vœux . Si tu as quelque dessein , il te réussira , et la lumière resplendira sur tes voies . Quand on aura abaissé quelqu&#039;un , et que tu auras dit : Qu&#039;il soit élevé ; alors [ Dieu ] délivrera celui qui tenait les yeux baissés . Il délivrera celui qui n&#039;est pas innocent , et il sera délivré par la pureté de tes mains . Mais Job répondit , et dit : Encore aujourd&#039;hui ma plainte est pleine d&#039;amertume , et la main qui m&#039;a frappé s&#039;appesantit [ sur moi ] au delà de mon gémissement . Ô si je savais comment le trouver , j&#039;irais jusqu&#039;à son trône . J&#039;exposerais mon droit devant lui , et je remplirais ma bouche de preuves . Je saurais ce qu&#039;il me répondrait , et j&#039;entendrais ce qu&#039;il me dirait . Contesterait-il avec moi par la grandeur de [ sa ] force ? Non ; seulement il proposerait contre moi [ ses raisons ] . C&#039;est là qu&#039;un homme droit raisonnerait avec lui , et que je me délivrerais pour jamais de mon juge . Voilà , si je vais en avant , il n&#039;y est pas ; si je vais en arrière , je ne l&#039;y apercevrai point . S&#039;il se fait entendre à gauche je ne puis le saisir ; il se cache à droite , et je ne l&#039;y vois point . [ Mais ] quand il aura connu le chemin que j&#039;ai tenu , [ et ] qu&#039;il m&#039;aura éprouvé , je sortirai comme l&#039;or [ sort du creuset ] . Mon pied s&#039;est fixé sur ses pas ; j&#039;ai gardé son chemin , et je ne m&#039;en suis point détourné . Je ne me suis point aussi écarté du commandement de ses lèvres ; j&#039;ai serré les paroles de sa bouche , plus que ma provision ordinaire . Mais s&#039;il [ a fait ] un [ dessein ] , qui l&#039;en détournera ? et ce que son âme a désiré , il le fait . Il achèvera donc ce qu&#039;il a résolu sur mon sujet ; et il y a en lui beaucoup de telles choses . C&#039;est pourquoi je suis troublé à cause de sa présence ; et quand je le considère , je suis effrayé à cause de lui . Car le [ Dieu ] Fort m&#039;a fait fondre le cœur , et le Tout-puissant m&#039;a étonné ; Cependant je n&#039;ai pas été retranché de devant les ténèbres ; et il a caché l&#039;obscurité arrière de moi . Comment les temps [ de la vengeance ] ne seraient-ils pas cachés [ aux méchants ] par le Tout-puissant , puisque ceux-mêmes qui le connaissent n&#039;aperçoivent pas les jours de sa [ punition sur eux ] ? Ils reculent les bornes , ils pillent les bêtes du troupeau , et puis ils les font aller paître . Ils emmènent l&#039;âne des orphelins , ils prennent pour gage le bœuf de la veuve . Ils font retirer les pauvres du chemin , et les misérables du pays [ sont contraints de ] se cacher . Voilà , [ il y en a qui sont comme ] des ânes sauvages dans le désert ; ils sortent pour faire leur ouvrage , se levant dès le matin pour la proie ; le désert leur fournit du pain pour leurs enfants . Ils vont couper le fourrage dans les champs , mais ce ne sera que fort tard qu&#039;ils iront ravager la vigne du méchant . Ils font passer la nuit sans vêtement à ceux qu&#039;ils ont dépouillés , et qui n&#039;ont pas de quoi se couvrir durant le froid ; Qui sont tout mouillés par les grandes pluies des montagnes , et qui , n&#039;ayant point de retraite , couchent dans les creux des rochers . Ils enlèvent le pupille à la mamelle , et prennent des gages du pauvre . Ils font aller sans habits l&#039;homme qu&#039;ils ont dépouillé ; et ils enlèvent à ceux qui n&#039;avaient pas de quoi manger , ce qu&#039;ils avaient glané . Ceux qui font l&#039;huile entre leurs murailles , et ceux qui foulent la vendange dans les cuves souffrent la soif . Ils font gémir les gens dans la ville , [ et ] l&#039;âme de ceux qu&#039;ils ont fait mourir , crie ; et cependant Dieu ne fait rien d&#039;indigne de lui . Ils sont de ceux qui l&#039;opposent à la lumière , ils n&#039;ont point connu ses voies , et ne sont point demeurés dans ses sentiers . Le meurtrier se lève au point du jour , et il tue le pauvre et l&#039;indigent , et la nuit il est tel qu&#039;un larron . L&#039;œil de l&#039;adultère épie le soir , en disant : Aucun œil ne me verra ; et il se couvre le visage . Ils percent durant les ténèbres les maisons qu&#039;ils avaient marquées le jour , ils haïssent la lumière . Car la lumière du matin leur est à tous comme l&#039;ombre de la mort ; si quelqu&#039;un les reconnaît , c&#039;est pour eux une frayeur mortelle . Il passera plus vite que la surface des eaux ; leur portion sera maudite sur la terre ; il ne verra point le chemin des vignes . [ Comme ] la sécheresse et la chaleur consument les eaux de neige , [ ainsi ] le sépulcre [ ravira ] les pécheurs . Le ventre [ qui l&#039;a porté ] l&#039;oubliera ; les vers mangeront [ son corps ] qui lui a été si cher ; on ne se souviendra plus de lui ; l&#039;injuste sera brisé comme du bois . Il maltraitait la femme stérile qui n&#039;enfantait point ; et il ne faisait point de bien à la veuve ; Et il s&#039;attirait les puissants par sa force ; lorsqu&#039;il se levait , on n&#039;était pas assuré de sa vie . [ Dieu ] lui donne de quoi s&#039;assurer , et il s&#039;appuie sur cela ; toutefois ses yeux prennent garde à leurs voies . Ils sont élevés en peu de temps , et ensuite ils ne sont plus ; ils sont abaissés , ils sont emportés comme tous les autres , et sont coupés comme le bout d&#039;un épi . Si cela n&#039;est pas ainsi , qui est-ce qui me convaincra que je mens , et qui réfutera mes discours ? Alors Bildad Suhite prit la parole , et dit : Le règne et la terreur sont par-devers Dieu ; il maintient la paix dans ses hauts lieux . Ses armées se peuvent-elles compter ? et sur qui sa lumière ne se lève-t-elle point ? Et comment l&#039;homme [ mortel ] se justifierait-il devant le [ Dieu ] Fort ? Et comment celui qui est né de femme serait-il pur ? Voilà , [ qu&#039;on aille ] jusqu&#039;à la lune , et elle ne luira point ; les étoiles ne seront point pures devant ses yeux . Combien moins l&#039;homme qui n&#039;est qu&#039;un ver ; et le fils d&#039;un homme , qui n&#039;est qu&#039;un vermisseau ! Mais Job répondit , et dit : Ô ! que tu as été d&#039;un grand secours à l&#039;homme destitué de vigueur ; et que tu as soutenu le bras qui n&#039;avait point de force . Ô ! que tu as donné de [ bons ] conseils à l&#039;homme qui manquait de sagesse ; et que tu as fait paraître d&#039;intelligence . A qui as-tu tenu ces discours ? et l&#039;esprit de qui , est sorti de toi ? Les choses inanimées sont formées au dessous des eaux , et les [ poissons ] aussi qui habitent dans les eaux . L&#039;abîme est à découvert devant lui , et le gouffre n&#039; [ a ] point de couverture . Il étend l&#039; Aquilon sur le vide , et il suspend la terre sur le néant . Il serre les eaux dans ses nuées , sans que la nuée se fende sous elles . Il maintient le dehors de [ son ] trône , et il étend sa nuée par dessus . Il a compassé des bornes sur les eaux tout autour , jusqu&#039;à ce qu&#039;il n&#039;y ait plus ni lumière ni ténèbres . Les colonnes des cieux s&#039;ébranlent et s&#039;étonnent à sa menace . Il fend la mer par sa puissance , et il frappe par son intelligence les flots quand ils s&#039;élèvent . Il a orné les cieux par son Esprit , et sa main a formé le serpent traversant . Voilà , tels sont les bords de ses voies ; mais combien est petite la portion que nous en connaissons ? Et qui est-ce qui pourra comprendre le bruit éclatant de sa puissance ? Et Job continuant reprit son discours sentencieux , et dit : Le [ Dieu ] Fort , qui a mis mon droit à l&#039;écart , et le Tout-puissant qui a rempli mon âme d&#039;amertume , est vivant , Que tout le temps qu&#039;il y aura du souffle en moi , et que l&#039; Esprit de Dieu sera dans mes narines , Mes lèvres ne prononceront rien d&#039;injuste , et ma langue ne dira point de chose fausse . A Dieu ne plaise que je vous reconnaisse pour justes ! tant que je vivrai je n&#039;abandonnerai point mon intégrité . J&#039;ai conservé ma justice , et je ne l&#039;abandonnerai point ; et mon cœur ne me reprochera rien en mes jours . Qu&#039;il en soit de mon ennemi comme du méchant ; et de celui qui se lève contre moi , comme de l&#039;injuste ! Car quelle sera l&#039;attente de l&#039;hypocrite , lorsque Dieu lui arrachera son âme , s&#039;il s&#039;est adonné à commettre des extorsions ? Le [ Dieu ] Fort entendra-t-il ses cris , quand la calamité viendra sur lui ? Trouvera-t-il son plaisir dans le Tout-puissant ? Invoquera-t-il Dieu en tout temps ? Je vous enseignerai les œuvres du [ Dieu ] Fort , et je ne vous cacherai point ce qui [ est ] par-devers le Tout-puissant . Voilà , vous avez tous vu [ ces choses ] , et comment vous laissez-vous [ ainsi ] aller à des pensées vaines ? Ce sera ici la portion de l&#039;homme méchant , que le [ Dieu ] Fort lui réserve , et l&#039;héritage que les violents reçoivent du Tout-puissant ; Si ses enfants sont multipliés , ce sera pour l&#039;épée ; et sa postérité n&#039;aura pas même assez de pain . Ceux qui resteront seront bien ensevelis après leur mort , mais leurs veuves ne les pleureront point . Quand il entasserait l&#039;argent comme la poussière , et qu&#039;il entasserait des habits comme on amasse de la boue , Il les entassera , mais le juste s&#039;en vêtira , et l&#039;innocent partagera l&#039;argent . Il s&#039;est bâti une maison comme la teigne , et comme le gardien des vignes bâtit sa cabane . Le riche tombera , et il ne sera point relevé ; il ouvrira ses yeux , et il ne trouvera rien . Les frayeurs l&#039;atteindront comme des eaux ; le tourbillon l&#039;enlèvera de nuit . Le vent d&#039; Orient l&#039;emportera , et il s&#039;en ira ; il l&#039;enlèvera , dis-je , de sa place comme un tourbillon . Le Tout-puissant se jettera sur lui , et ne l&#039;épargnera point ; [ et étant poursuivi ] par sa main , il ne cessera de fuir . On battra des mains contre lui , et on sifflera contre lui du lieu qu&#039;il occupait . Certainement l&#039;argent a sa veine , et l&#039;or a un lieu [ d&#039;où on le tire ] pour l&#039;affiner . Le fer se tire de la poussière , et la pierre étant fondue rend de l&#039;airain . Il a mis un bout aux ténèbres , tellement qu&#039;on découvre le bout de toutes choses , [ même ] les pierres les plus cachées , et qui sont dans l&#039;ombre de la mort . Le torrent se débordant d&#039;auprès d&#039;un lieu habité , se jette dans des lieux où l&#039;on ne met plus le pied , [ mais ses eaux ] se tarissent et s&#039;écoulent par [ le travail ] des hommes . C&#039;est de la terre que sort le pain , et au dessous elle est renversée , [ et elle est ] en feu . Ses pierres sont le lieu d&#039;où l&#039;on tire les Saphirs ; on y trouve aussi la poudre d&#039;or . L&#039;oiseau de proie n&#039;en a point connu le sentier , et l&#039;œil du milan ne l&#039;a point regardé . Les fans du lion n&#039;y ont point marché , le vieux lion n&#039;a point passé par là . [ L&#039;homme ] met sa main aux cailloux , et renverse les montagnes jusqu&#039;aux racines . Il fait passer les ruisseaux au travers des rochers fendus , et son œil voit tout ce qui [ y ] est de précieux . Il arrête le cours des rivières , et il tire dehors et expose à la lumière ce qui est caché . Mais d&#039;où recouvrera-t-on la sagesse ? et où est le lieu de l&#039;intelligence ? L&#039;homme ne connaît pas sa valeur , et elle ne se trouve pas dans la terre des vivants . L&#039;abîme dit : Elle n&#039;est pas en moi ; et la mer dit : Elle n&#039;est pas avec moi . Elle ne se donne point pour du fin or , et elle ne s&#039;achète point au poids de l&#039;argent . On ne l&#039;échange point avec l&#039;or d&#039; Ophir , ni avec l&#039; Onyx précieux , ni avec le Saphir . L&#039;or ni le diamant n&#039;approchent point de son prix , et on ne la donnera point en échange pour un vase de fin or . Il ne se parlera point de corail ni de pierre précieuse ; et le prix de la sagesse monte plus haut que celui des perles . La topaze d&#039; Ethiopie n&#039;approchera point de son prix , et elle ne sera point échangée contre le pur or . D&#039;où vient donc la sagesse ? et où est le lieu de l&#039;intelligence ? Elle est couverte aux yeux de tout homme vivant , et elle est cachée aux oiseaux des cieux . Le gouffre et la mort disent : Nous avons entendu de nos oreilles parler d&#039;elle . C&#039;est Dieu qui en sait le chemin , et qui sait où elle est . Car c&#039;est lui qui voit jusqu&#039;aux extrémités du monde , et qui regarde sous tous les cieux . Quand il mettait le poids au vent , et qu&#039;il pesait les eaux par mesure ; Quand il prescrivait une loi à la pluie , et le chemin à l&#039;éclair des tonnerres ; Alors il la vit , et la manifesta ; il la prépara , et même il la sonda jusqu&#039;au fond . Puis il dit à l&#039;homme : Voilà , la crainte du Seigneur est la sagesse , et se détourner du mal c&#039;est l&#039;intelligence . Et Job continuant , reprit son discours sentencieux , et dit : Oh ! qui me ferait être comme j&#039;étais autrefois , comme j&#039;étais en ces jours où Dieu me gardait . Quand il faisait luire sa lampe sur ma tête , et quand je marchais parmi les ténèbres , [ éclairé ] par sa lumière . Comme j&#039;étais aux jours de mon automne , lorsque le secret de Dieu était dans ma tente . Quand le Tout-puissant était encore avec moi , et mes gens autour de moi . Quand je lavais mes pas dans le beurre , et que des ruisseaux d&#039;huile découlaient pour moi du rocher . Quand je sortais vers la porte passant par la ville , et que je me faisais préparer un siège dans la place , Les jeunes gens me voyant se cachaient , les vieillards se levaient , et se tenaient debout . Les principaux s&#039;abstenaient de parler , et mettaient la main sur leur bouche . Les Conducteurs retenaient leur voix , et leur langue était attachée à leur palais . L&#039;oreille qui m&#039;entendait , disait que j&#039;étais bienheureux , et l&#039;œil qui me voyait , déposait en ma faveur . Car je délivrais l&#039;affligé qui criait , et l&#039;orphelin qui n&#039;avait personne pour le secourir . La bénédiction de celui qui s&#039;en allait périr , venait sur moi , et je faisais que le cœur de la veuve chantait de joie . J&#039;étais revêtu de la justice , elle me servait de vêtement , et mon équité m&#039;était comme un manteau , et [ comme ] une tiare . Je servais d&#039;œil à l&#039;aveugle , et de pieds au boiteux . J&#039;étais le père des pauvres , et je m&#039;informais diligemment de la cause qui ne m&#039;était point connue . Je cassais les grosses dents de l&#039;injuste , et je lui arrachais la proie d&#039;entre ses dents . C&#039;est pourquoi je disais : Je mourrai dans mon lit , et je multiplierai mes jours comme les grains de sable . Ma racine était ouverte aux eaux , et la rosée demeurait toute la nuit sur mes branches . Ma gloire se renouvelait en moi , et mon arc était renforcé en ma main . On m&#039;écoutait , et on attendait [ que j&#039;eusse parlé ] ; et lorsque j&#039;avais dit mon avis , on se tenait dans le silence . Ils ne répliquaient rien après ce que je disais , et ma parole se répandait sur eux [ comme une rosée ] . Ils m&#039;attendaient comme on attend la pluie ; ils ouvraient leur bouche , comme après la pluie de la dernière saison . Riais-je avec eux ? ils ne le croyaient point ; et ils ne faisaient point disparaître la sérénité de mon visage . Voulais-je aller avec eux ? j&#039;étais assis au haut bout , j&#039;étais entr&#039;eux comme un Roi dans son armée , et comme un homme qui console les affligés . Mais maintenant ceux qui sont plus jeunes que moi , se moquent de moi ; [ ceux-là même ] dont je n&#039;aurais pas daigné mettre les pères avec les chiens de mon troupeau . Et en effet , de quoi m&#039;eût servi la force de leurs mains ? la vieillesse était périe en eux . De disette et de faim ils se tenaient à l&#039;écart , fuyant dans les lieux arides , ténébreux , désolés , et déserts . Ils coupaient des herbes sauvages auprès des arbrisseaux , et la racine des genévriers pour se chauffer . Ils étaient chassés d&#039;entre les hommes , et on criait après eux comme après un larron . Ils habitaient dans les creux des torrents , dans les trous de la terre et des rochers . Ils faisaient du bruit entre les arbrisseaux , et ils s&#039;attroupaient entre les chardons . Ce sont des hommes de néant , et sans nom , qui ont été abaissés plus bas que la terre . Et maintenant je suis le sujet de leur chanson , et la matière de leur entretien . Ils m&#039;ont en abomination ; ils se tiennent loin de moi ; et ils ne craignent pas de me cracher au visage . Parce que [ Dieu ] a détendu ma corde , et m&#039;a affligé , ils ont secoué le frein devant moi . De jeunes gens , nouvellement nés , se placent à ma droite ; ils poussent mes pieds , et je suis en butte à leur malice . Ils ruinent mon sentier , ils augmentent mon affliction , sans qu&#039;ils aient besoin que personne les aide . Ils viennent [ contre moi ] comme par une brèche large , et ils se sont jetés [ sur moi ] à cause de ma désolation . Les frayeurs se sont tournées vers moi , [ et ] comme un vent elles poursuivent mon âme ; et ma délivrance s&#039;est dissipée comme une nuée . C&#039;est pourquoi maintenant mon âme se fond en moi ; les jours d&#039;affliction m&#039;ont atteint . Il m&#039;a percé de nuit les os , et mes artères n&#039;ont point de relâche . Il a changé mon vêtement par la grandeur de sa force , et il me serre de près , comme fait l&#039;ouverture de ma tunique . Il m&#039;a jeté dans la boue , et je ressemble à la poussière et à la cendre . Je crie à toi , et tu ne m&#039;exauces point ; je me tiens debout , et tu ne [ me ] regardes point . Tu es pour moi sans compassion , tu me traites en ennemi par la force de ta main . Tu m&#039;as élevé [ comme ] sur le vent , et tu m&#039;y as fait monter comme sur un chariot , et puis tu fais fondre toute ma substance . Je sais donc que tu m&#039;amèneras à la mort et dans la maison assignée à tous les vivants . Mais il n&#039;étendra pas sa main jusqu&#039;au sépulcre . Quand il les aura tués , crieront-ils ? Ne pleurais-je pas pour l&#039;amour de celui qui passait de mauvais jours ; et mon âme n&#039;était-elle pas affligée à cause du pauvre ? Cependant lorsque j&#039;attendais le bien , le mal m&#039;est arrivé ; et quand j&#039;espérais la clarté , les ténèbres sont venues . Mes entrailles sont dans une grande agitation , et ne peuvent se calmer ; les jours d&#039;affliction m&#039;ont prévenu . Je marche tout noirci , mais non pas du soleil ; je me lève , je crie en pleine assemblée . Je suis devenu le frère des dragons , et le compagnon des hiboux . Ma peau est devenue noire sur moi , et mes os sont desséchés par l&#039;ardeur [ qui me consume ] . C&#039;est pourquoi ma harpe s&#039;est changée en lamentations , et mes orgues en des sons lugubres . J&#039;avais fait accord avec mes yeux ; comment aurais-je donc arrêté mes regards sur une vierge ? Et quelle [ serait ] la portion [ que ] Dieu [ m&#039;aurait envoyée ] d&#039;en haut , et quel eût été l&#039;héritage que le Tout-puissant m&#039;eût [ envoyé ] des hauts lieux ? La perdition n&#039;est-elle pas pour l&#039;injuste , et les accidents étranges pour les ouvriers d&#039;iniquité ? N&#039;a-t-il pas vu lui-même mes voies , et n&#039;a-t-il pas compté toutes mes démarches ? Si j&#039;ai marché dans le mensonge , et si mon pied s&#039;est hâté à tromper , Qu&#039;on me pèse dans des balances justes , et Dieu connaîtra mon intégrité . Si mes pas se sont détournés du [ droit ] chemin , et si mon cœur a marché après mes yeux , et si quelque tache s&#039;est attachée à mes mains , Que je sème , et qu&#039;un autre mange [ ce que j&#039;aurai semé ] ; et que tout ce que j&#039;aurai fait produire , soit déraciné ! Si mon cœur a été séduit après quelque femme , et si j&#039;ai demeuré en embûche à la porte de mon prochain , Que ma femme soit déshonorée par un autre , et qu&#039;elle soit prostituée à d&#039;autres ! Vu que c&#039;est une méchanceté préméditée , une de ces iniquités qui sont toutes jugées . Car c&#039;est un feu qui dévore jusqu&#039;à consumer , et qui aurait déraciné tout mon revenu . Si j&#039;ai refusé de faire droit à mon serviteur ou à ma servante , quand ils ont contesté avec moi ; Car qu&#039;eussé-je fait , quand le [ Dieu ] Fort se fût levé ? et quand il m&#039;en eût demandé compte , que lui aurais-je répondu ? Celui qui m&#039;a formé dans le ventre , ne les a-t-il pas faits aussi ? et ne nous a-t-il pas tous formés de la même manière dans la matrice ? Si j&#039;ai refusé aux pauvres ce qu&#039;ils ont désiré ; si j&#039;ai fait consumer les yeux de la veuve ; Si j&#039;ai mangé seul mes morceaux , et si l&#039;orphelin n&#039;en a point mangé ; ( Car dès ma jeunesse il a été élevé avec moi , comme [ chez son père ] , et dès le ventre de ma mère j&#039;ai conduit l&#039;orphelin . ) Si j&#039;ai vu un homme périr faute d&#039;être vêtu , et le pauvre faute de couverture ; Si ses reins ne m&#039;ont point béni , et s&#039;il n&#039;a pas été échauffé de la laine de mes agneaux ; Si j&#039;ai levé la main contre l&#039;orphelin , quand j&#039;ai vu à la porte , que je pouvais l&#039;aider ; Que l&#039;os de mon épaule tombe et que mon bras soit cassé , et séparé de l&#039;os auquel il est joint ! Car j&#039;ai eu frayeur de l&#039;orage du [ Dieu ] Fort , et je ne saurais [ subsister ] devant sa majesté . Si j&#039;ai mis mon espérance en l&#039;or , et si j&#039;ai dit au fin or : Tu es ma confiance ; Si je me suis réjoui de ce que mes biens étaient multipliés , et de ce que ma main en avait trouvé abondamment ; Si j&#039;ai regardé le soleil lorsqu&#039;il brillait le plus , et la lune marchant noblement ; Et si mon cœur a été séduit en secret , et si ma main a baisé ma bouche ; ( Ce qui est aussi une iniquité toute jugée ; car j&#039;eusse renié le Dieu d&#039;en haut . ) Si je me suis réjoui du malheur de celui qui me haïssait ; si j&#039;ai sauté de joie quand il lui est arrivé du mal . Je n&#039;ai pas même permis à ma langue de pécher , en demandant sa mort avec imprécation . Et les gens de ma maison n&#039;ont point dit : Qui nous donnera de sa chair ? nous n&#039;en saurions être rassasiés . L&#039;étranger n&#039;a point passé la nuit dehors ; j&#039;ai ouvert ma porte au passant . Si j&#039;ai caché mon péché comme Adam , pour couvrir mon iniquité en me flattant . Quoique je pusse me faire craindre à une grande multitude , toutefois le moindre qui fût dans les familles m&#039;inspirait de la crainte , et je me tenais dans le silence , et ne sortais point de la porte . Ô ! s&#039;il y avait quelqu&#039;un qui voulût m&#039;entendre . Tout mon désir est que le Tout-puissant me réponde , et que ma partie adverse fasse un écrit [ contre moi ] . Si je ne le porte sur mon épaule , et si je ne l&#039;attache comme une couronne . Je lui raconterais tous mes pas , je m&#039;approcherais de lui comme d&#039;un Prince . Si ma terre crie contre moi , et si ses sillons pleurent ; Si j&#039;ai mangé son fruit sans argent ; si j&#039;ai tourmenté l&#039;esprit de ceux qui la possédaient . Qu&#039;elle me produise des épines au lieu de blé , et de l&#039;ivraie au lieu d&#039;orge . C&#039;est ici la fin des paroles de Job . Alors ces trois hommes cessèrent de répondre à Job , parce qu&#039;il se croyait un homme juste . Et Elihu fils de Barakéel , Buzite , de la famille de Ram , fut embrasé de colère contre Job , parce qu&#039;il se justifiait plus qu&#039;il [ ne justifiait ] Dieu . Sa colère fut aussi embrasée contre ses trois amis , parce qu&#039;ils n&#039;avaient pas trouvé de quoi répondre , et toutefois ils avaient condamné Job . Or Elihu avait attendu que Job eût parlé , à cause qu&#039;ils étaient tous plus âgés que lui . Mais Elihu voyant qu&#039;il n&#039;y avait aucune réponse dans la bouche de ces trois hommes , il fut embrasé de colère . C&#039;est pourquoi Elihu fils de Barakéel Buzite prit la parole , et dit : Je suis moins âgé que vous , et vous êtes fort vieux ; c&#039;est pourquoi j&#039;ai eu peur et j&#039;ai craint de vous dire mon avis . Je disais [ en moi-même ] ; les jours parleront , et le grand nombre des années fera connaître la sagesse . L&#039;esprit est bien en l&#039;homme , mais c&#039;est l&#039;inspiration du Tout-puissant qui les rend intelligents . Les grands ne sont pas [ toujours ] sages , et les anciens n&#039;entendent pas [ toujours ] le droit . C&#039;est pourquoi je dis : Ecoute-moi , et je dirai aussi mon avis . Voici , j&#039;ai attendu que vous eussiez parlé ; j&#039;ai prêté l&#039;oreille à tout ce que vous avez voulu faire entendre , jusqu&#039;à ce que vous avez eu examiné les discours . Je vous ai , dis-je , bien considérés , et voilà , il n&#039;y a pas un de vous qui ait convaincu Job , et qui ait répondu à ses discours . Afin qu&#039;il ne vous arrive pas de dire : Nous avons trouvé la sagesse ; [ savoir ] , que c&#039;est le [ Dieu ] Fort qui le poursuit , et non point un homme . Or [ comme ] ce n&#039;est pas contre moi qu&#039;il a arrangé ses discours , ce ne sera pas aussi selon vos paroles , que je lui répondrai . Ils ont été étonnés , ils n&#039;ont plus rien répondu , on leur a fait perdre la parole . Et j&#039;ai attendu jusqu&#039;à ce qu&#039;ils n&#039;ont plus rien dit ; car ils sont demeurés muets , et ils n&#039;ont plus répliqué ; Je répondrai [ donc ] pour moi et je dirai mon avis . Car je suis gros de parler , et l&#039;esprit dont je me sens rempli , me presse . Voici , mon ventre est comme [ un vaisseau ] de vin qui n&#039;a point d&#039;air ; et il crèverait comme des vaisseaux neufs . Je parlerai donc , et je me mettrai au large ; j&#039;ouvrirai mes lèvres , et je répondrai . A Dieu ne plaise que j&#039;aie acception des personnes , je n&#039;userai point de mots couverts en parlant à un homme . Car je ne sais point user de mots couverts ; celui qui m&#039;a fait m&#039;enlèverait tout aussitôt . C&#039;est pourquoi , Job , écoute , je te prie , mon discours , et prête l&#039;oreille à toutes mes paroles . Voici maintenant , j&#039;ouvre ma bouche , ma langue parle dans mon palais . Mes paroles [ répondront à la ] droiture de mon cœur , et mes lèvres prononceront une doctrine pure . L&#039;esprit du [ Dieu ] Fort m&#039;a fait , et le souffle du Tout-puissant m&#039;a donné la vie . Si tu peux , réponds-moi , dresse-toi contre moi , demeure ferme . Voici , je suis pour le [ Dieu ] Fort ; selon que tu en as parlé ; j&#039;ai aussi été formé de la terre [ tout comme toi ] . Voici , ma frayeur ne te troublera point , et ma main ne s&#039;appesantira point sur toi . Quoi qu&#039;il en soit , tu as dit , moi l&#039;entendant , et j&#039;ai ouï la voix de tes discours , [ disant ] : Je suis pur , [ et ] sans péché ; je suis net , et il n&#039;y a point d&#039;iniquité en moi . Voici , il a cherché à rompre avec moi , il me tient pour son ennemi . Il a mis mes pieds aux ceps , il épie tous mes chemins . Voici , je te réponds qu&#039;en cela tu n&#039;as pas été juste ; car Dieu sera toujours plus grand que l&#039;homme [ mortel ] . Pourquoi donc as-tu plaidé contre lui ? car il ne rend pas compte de toutes ses actions . Bien que le [ Dieu ] Fort parle une première fois , et une seconde fois à celui qui n&#039;aura pas pris garde à la première ; Par des songes , par des visions de nuit , quand un profond sommeil tombe sur les hommes , et lorsqu&#039;ils dorment dans leur lit ; Alors il ouvre l&#039;oreille aux hommes , et scelle leur châtiment . Afin de détourner l&#039;homme d&#039;une [ mauvaise ] action , et de rabaisser la fierté de l&#039;homme . [ Ainsi ] il garantit son âme de la fosse , et sa vie , de l&#039;épée . L&#039;homme est aussi châtié par des douleurs dans son lit , et tous ses os [ sont brisés ] . Alors sa vie lui fait avoir en horreur le pain , et son âme la viande désirable . Sa chair est tellement consumée qu&#039;elle ne paraît plus ; et ses os sont tellement brisés , qu&#039;on n&#039;y connaît plus rien . Son âme approche de la fosse , et sa vie , des choses qui font mourir . Que s&#039;il y a pour cet homme-là un messager , qui parle pour lui , ( un d&#039;entre mille ) qui manifeste à cet homme son devoir , Alors il aura pitié de lui , et il dira : Garantis-le , afin qu&#039;il ne descende pas dans la fosse ; j&#039;ai trouvé la propitiation . Sa chair deviendra plus délicate qu&#039;elle n&#039;était dans son enfance , et il sera rajeuni . Il fléchira Dieu par ses prières , et Dieu s&#039;apaisera envers lui , et lui fera voir sa face avec joie , et lui rendra sa justice . Il regardera vers les hommes , et dira : J&#039;avais péché , j&#039;avais renversé le droit , et cela ne m&#039;avait point profité . [ Mais Dieu ] a garanti mon âme , afin qu&#039;elle ne passât point par la fosse , et ma vie voit la lumière . Voilà , le [ Dieu ] Fort fait toutes ces choses , deux [ et ] trois fois envers l&#039;homme ; Pour retirer son âme de la fosse , afin qu&#039;elle soit éclairée de la lumière des vivants . Sois attentif , Job , écoute-moi ; tais-toi , et je parlerai . Et si tu as de quoi parler , réponds-moi , parle ; car je désire de te justifier . Sinon , écoute-moi , tais-toi , et je t&#039;enseignerai la sagesse . Elihu donc reprit la parole , et dit : Vous sages écoutez mes discours , et vous qui avez de l&#039;intelligence , prêtez-moi l&#039;oreille . Car l&#039;oreille juge des discours , ainsi que le palais savoure ce que l&#039;on mange . Choisissons [ de quoi nous devons disputer comme en ] jugement , [ puis ] nous connaîtrons entre nous ce qui est bon . Car Job a dit : Je suis juste , et cependant le [ Dieu ] Fort a mis mon droit à l&#039;écart . Mentirais-je à mon droit ? ma flèche est mortelle , sans que j&#039;aie commis de crime . [ Mais ] où y a-t-il un homme comme Job qui avale la moquerie comme de l&#039;eau ? Qui marche en la compagnie des ouvriers d&#039;iniquité , et qui fréquente les méchants ? Car [ Job ] a dit , il ne sert de rien à l&#039;homme de se plaire avec Dieu . C&#039;est pourquoi vous qui avez de l&#039;intelligence écoutez-moi . A Dieu ne plaise qu&#039;il y ait de la méchanceté dans le [ Dieu ] Fort , et de l&#039;injustice dans le Tout-puissant ! Car il rendra à l&#039;homme selon son œuvre , et il fera trouver à chacun selon sa voie . Certainement , le [ Dieu ] Fort ne déclare point méchant [ l&#039;homme de bien ] , et le Tout-puissant ne renverse point le droit . Qui est-ce qui lui a donné la terre en charge ? ou qui est-ce qui a placé la terre habitable toute entière ? Si [ Dieu ] prenait garde à lui de près , il retirerait à soi son esprit et son souffle . Toute chair expirerait ensemble , et l&#039;homme retournerait dans la poudre . Si donc tu as de l&#039;intelligence , écoute ceci , prête l&#039;oreille à ce que tu entendras de moi . Comment celui qui n&#039;aimerait pas à faire justice , jugerait-il le monde ? et condamneras-tu comme méchant celui qui est souverainement juste ? Dira-t-on à un Roi , qu&#039;il est un scélérat ? et aux Princes , qu&#039;ils sont des méchants ? [ Combien moins le dira-t-on à celui ] qui n&#039;a point d&#039;égard à la personne des grands , et [ qui ] ne connaît point les riches pour les préférer aux pauvres , parce qu&#039;ils sont tous l&#039;ouvrage de ses mains . Ils mourront en un moment , et à minuit tout un peuple sera rempli de frayeur et passera ; et le fort sera emporté sans qu&#039;aucune main le frappe . Car ses yeux sont sur les voies de chacun , et il regarde tous leurs pas . Il n&#039;y a ni ténèbres ni ombre de mort , où se puissent cacher les ouvriers d&#039;iniquité . Mais il n&#039;impute rien à l&#039;homme contre la justice , lorsque l&#039;homme vient à plaider avec le [ Dieu ] Fort . Il brise , par des voies incompréhensibles , les hommes puissants , et il en établit d&#039;autres en leur place . Parce qu&#039;il connaît leurs œuvres , il [ les ] renverse la nuit , et sont brisés . Parce qu&#039;ils sont méchants , il les froisse à la vue de tout le monde . A cause qu&#039;ils se sont ainsi détournés de lui , et qu&#039;ils n&#039;ont considéré aucune de ses voies ; En sorte qu&#039;ils ont fait monter le cri du pauvre jusqu&#039;à lui , et qu&#039;il a entendu la clameur des affligés . Que s&#039;il donne du repos , qui est-ce qui causera du trouble ? S&#039;il cache sa face à quelqu&#039;un , qui est-ce qui le regardera , soit qu&#039;il s&#039;agisse de toute une nation , ou qu&#039;il ne s&#039;agisse que d&#039;un seul homme ? Afin que l&#039;hypocrite ne règne point , de peur qu&#039;il ne soit un filet pour le peuple . Certes , tu devrais avoir dit au [ Dieu ] Fort : J&#039;ai souffert ; mais je ne pécherai plus ; Et toi , [ Seigneur ! ] enseigne-moi ce qui est au delà de ce que je vois ; et si j&#039;ai mal fait , je ne continuerai plus . [ Mais Dieu ] ne te le rendra-t-il pas , puisque tu as rejeté son châtiment , quand tu as fait le choix que tu as fait ? Pour moi , je ne [ saurais que dire à cela ] ; mais toi , si tu as quelque chose à répondre , parle . Les gens de bon sens diront avec moi , et tout homme sage en conviendra , Que Job n&#039;a pas parlé avec connaissance , et que ses paroles non point été avec intelligence . Ha ! mon père , que Job soit éprouvé jusqu&#039;à ce qu&#039;il soit vaincu , puisqu&#039;il a répondu comme les impies . Car [ autrement ] il ajoutera péché sur péché , il battra des mains entre nous , et parlera de plus en plus contre le [ Dieu ] Fort . Elihu poursuivit encore son discours , et dit : As-tu pensé rendre ta cause bonne , [ quand ] tu as dit : Ma justice [ est ] au-dessus de celle du [ Dieu ] Fort ? Si tu demandes de quoi elle te profitera , [ disant ] : Que m&#039;en reviendra-t-il , de même que de mon péché ? Je te répondrai en ces termes , et à tes amis qui sont avec toi . Regarde les cieux , et les contemple ; vois les nuées , elles sont plus hautes que toi . Si tu pèches , quel mal fais-tu à Dieu ? et quand tes péchés se multiplieront , quel mal en recevra-t-il ? Si tu es juste , que lui donnes-tu ? et qu&#039;est-ce qu&#039;il reçoit de ta main ? C&#039;est à un homme , comme tu es , que ta méchanceté [ peut nuire ] ; et c&#039;est au fils d&#039;un homme que ta justice [ peut être utile ] . On fait crier les opprimés par la grandeur [ des maux qu&#039;on leur fait ] ; ils crient à cause de la violence des grands . Et on ne dit point : où est le Dieu qui m&#039;a fait , [ et ] qui donne de quoi chanter pendant la nuit ; Qui nous rend plus éclairés que les animaux de la terre , et plus intelligents que les oiseaux des cieux ? On crie donc à cause de la fierté des méchants ; mais Dieu ne les exauce point . Cependant [ tu ne dois pas dire ] que ce soit en vain ; que le [ Dieu ] Fort n&#039;écoute point , et que le Tout-puissant n&#039;y a nul égard . Encore moins lui dois-tu dire ; tu ne le vois point ; car le jugement est devant lui ; attends-le donc . Mais maintenant , ce n&#039;est rien ce que sa colère exécute , et il n&#039;est point entré fort avant en connaissance de toutes les choses que tu as faites . Job donc a ouvert sans raison sa bouche [ pour se plaindre ] , et il a entassé paroles sur paroles , sans connaissance . Elihu continua [ de parler ] , et dit : Attends-moi un peu , et je te montrerai qu&#039;il y a encore d&#039;autres raisons pour la cause de Dieu . Je tirerai de loin mes raisons , et je défendrai la justice de celui qui m&#039;a fait . Car certainement il n&#039;y aura rien de faux en tout ce que je dirai , et celui qui est avec toi , est infaillible dans ses raisons . Voilà , Dieu est plein de force , mais il ne dédaigne personne , encore qu&#039;il soit puissant de force de cœur . Il ne laisse point vivre le méchant , et il fait justice aux affligés . Il ne retire point ses yeux de dessus le juste , même [ il place les justes ] sur le trône avec les Rois , et les [ y ] fait asseoir pour toujours , et ils sont élevés . Que s&#039;ils sont liés de chaînes , et s&#039;ils sont prisonniers dans les liens de l&#039;affliction , Il leur montre ce qu&#039;ils ont fait , et il [ leur fait connaître ] que leurs péchés se sont augmentés . Alors il leur ouvre l&#039;oreille pour les rendre sages ; et il leur dit , qu&#039;ils se détournent de l&#039;iniquité . S&#039;ils l&#039;écoutent , et le servent , ils achèveront heureusement leurs jours , et leurs années dans les plaisirs ; Mais s&#039;ils n&#039;écoutent point , ils passeront par le fil de l&#039;épée , et ils expireront pour n&#039;avoir pas été sages . Et ceux qui sont hypocrites en leur cœur , attirent sur eux la colère ; ils ne crieront point quand il les aura liés . Leur personne mourra étant encore dans sa vigueur ; et leur vie finira parmi ceux qui se prostituent à la paillardise . [ Mais ] il tire l&#039;affligé hors de son affliction , et il lui ouvre l&#039;oreille dans l&#039;oppression . C&#039;est pourquoi il t&#039;eût tiré hors de l&#039;angoisse , pour te mettre au large , il n&#039;y eût eu rien qui t&#039;eût serré , et ta table eût été toute couverte de viandes grasses . Or tu as rempli le jugement du méchant , mais le jugement et le droit subsisteront . Certainement [ Dieu ] est irrité ; prends garde qu&#039;il ne te plonge dans l&#039;affliction , car il n&#039;y aura point alors de rançon si grande , qu&#039;elle puisse te délivrer . Ferait-il quelque cas de tes richesses ? il ne ferait aucun cas ni de ton or , ni de toute ta grande puissance . Ne soupire point après la nuit en laquelle les peuples s&#039;évanouissent de leur place ; Et garde-toi de retourner à l&#039;iniquité ; car tu en as fait le choix , pour t&#039;être affligé comme tu as fait . Voici , le [ Dieu ] Fort élève les hommes par sa puissance ; [ et ] qui est-ce qui enseignerait comme lui ? Qui est-ce qui lui a prescrit le chemin qu&#039;il devait tenir ? et qui lui a dit : Tu as fait une injustice ? Souviens-toi de célébrer son ouvrage , que les hommes voient . Tout homme le voit , chacun l&#039;aperçoit de loin . Voici , le [ Dieu ] Fort est grand , et nous ne le connaissons point ; et quant au nombre de ses années , on ne le peut sonder . Parce qu&#039;il met les eaux en petites gouttes , elles répandent la pluie selon la vapeur qui la contient . Et les nuées la font distiller et dégoutter sur les hommes en abondance . Et qui pourrait comprendre la [ grande ] étendue de la nuée , et le son éclatant de son tabernacle ? Voilà , il étend sa lumière sur elle , et il couvre le fond de la mer . Or c&#039;est par ces choses-là qu&#039;il juge les peuples , [ et ] qu&#039;il donne des vivres en abondance . Il tient caché dans les paumes de ses mains le feu étincelant , et il lui donne ses ordres à l&#039;égard de ce qui se présente à sa rencontre . Son bruit en porte les nouvelles , [ et ] il y a de la fureur contre celle qui monte [ à qui gagnera la place ] . Mon cœur même à cause de cela est en émotion , et sort [ comme ] de sa place . Ecoutez attentivement et en tremblant le bruit qu&#039;il fait , et le son éclatant qui sort de sa bouche . Il le fait aller sous tous les cieux , et son feu étincelant jusqu&#039;aux extrémités de la terre . Après lui s&#039;élève un grand bruit ; il tonne de sa voix magnifique , et il ne tarde point après que sa voix a été ouïe . Le [ Dieu ] Fort tonne prodigieusement par sa voix , [ et ] il fait des choses grandes , que nous ne saurions comprendre . Car il dit à la neige : Sois sur la terre ; et [ il le dit aussi ] à l&#039;ondée de la pluie , à l&#039;ondée , dis-je , des pluies de sa force . Alors il fait que chacun se renferme chez soi pour reconnaître tous les gens qu&#039;il a à son ouvrage . Les bêtes se retirent dans les tanières , et se tiennent dans leurs repaires . Le vent orageux vient du fond du Midi ; et le froid vient des vents du Septentrion . Le [ Dieu ] Fort par son souffle donne la glace , et les eaux qui se répandaient au large , sont mises à l&#039;étroit . Il lasse aussi la nuée à force d&#039;arroser ; et il écarte les nuées par sa lumière . Et elles font plusieurs tours selon ses desseins pour faire tout ce qu&#039;il leur a commandé , sur la face de la terre habitable . Il les fait venir , soit pour s&#039;en servir de verge , soit pour la terre , soit pour répandre ses bienfaits . Fais attention à ceci , Job ; arrête-toi ; considère les merveilles du [ Dieu ] Fort . Sais-tu comment Dieu les arrange , et comment il fait briller la lumière de sa nuée ? Connais-tu le balancement des nuées , et les merveilles de celui qui est parfait en science ? Pourquoi tes vêtements sont chauds , quand il donne du relâche à la terre par le vent du Midi ? As-tu étendu avec lui les cieux , qui sont fermes comme un miroir de fonte ? Montre-nous ce que nous lui dirons ; car nous ne saurions rien dire par ordre à cause de nos ténèbres . Lui racontera-t-on quand j&#039;aurai parlé ? S&#039;il y a un homme qui en parle , certainement il en sera englouti . Et maintenant , on ne voit point la lumière , quand elle resplendit dans les cieux ; après que le vent y a passé , et qu&#039;il les a nettoyés . [ Et que le temps qui reluit comme ] l&#039;or , est venu du Septentrion . Il y a en Dieu une majesté redoutable . C&#039;est le Tout-puissant ; on ne le saurait comprendre ; il est grand en puissance , en jugement , et en abondance de justice ; il n&#039;opprime personne . C&#039;est pourquoi les hommes le craignent ; mais il ne les voit pas tous sages de cœur . Alors l&#039; Eternel répondit à Job du milieu d&#039;un tourbillon , et lui dit : Qui est celui-ci qui obscurcit le conseil par des paroles sans science ? Ceins maintenant tes reins comme un vaillant homme , et je t&#039;interrogerai , et tu me feras voir quelle est ta science . Où étais-tu quand je fondais la terre ? dis-le-moi , si tu as de l&#039;intelligence . Qui est-ce qui en a réglé les mesures ? le sais-tu ? ou qui est-ce qui a appliqué le niveau sur elle ? Sur quoi sont plantés ses pilotis , ou qui est celui qui a posé la pierre angulaire pour la soutenir . Quand les étoiles du matin se réjouissaient ensemble , et que les fils de Dieu chantaient en triomphe ? Qui est-ce qui a renfermé la mer dans ses bords , quand elle fut tirée de la matrice , [ et ] qu&#039;elle en sortit ? Quand je mis la nuée pour sa couverture , et l&#039;obscurité pour ses langes ? Et que j&#039;établis sur elle mon ordonnance , et lui mis des barrières et des portes ? Et lui dis : Tu viendras jusque là , et tu ne passeras point plus avant , et ici s&#039;arrêtera l&#039;élévation de tes ondes . As-tu , depuis que tu es au monde , commandé au point du jour ; et as-tu montré à l&#039;aube du jour le lieu où elle doit se lever ? Afin qu&#039;elle saisisse les extrémités de la terre , et que les méchants se retirent à l&#039;écart , Et qu&#039;elle prenne une nouvelle forme , comme une argile figurée ; et que [ toutes choses y ] paraissent comme avec de [ nouveaux ] habits , Et que la clarté soit défendue aux méchants , et que le bras élevé soit rompu ? Es-tu venu jusqu&#039;aux gouffres de la mer , et t&#039;es-tu promené au fond des abîmes ? Les portes de la mort se sont-elles découvertes à toi ? as-tu vu les portes de l&#039;ombre de la mort ? As-tu compris toute l&#039;étendue de la terre ? si tu l&#039;as toute connue , montre-le . En quel endroit se tient la lumière , et où est le lieu des ténèbres ? Que tu ailles prendre l&#039;une et l&#039;autre en son quartier , et que tu saches le chemin de leur maison ? Tu le sais ; car alors tu naquis , et le nombre de tes jours est grand . Es-tu entré dans les trésors de la neige ? As-tu vu les trésors de la grêle , Laquelle je retiens pour le temps de l&#039;affliction , et pour le jour du choc et du combat ? Par quel chemin se partage la lumière , [ et par quelle voie ] le vent d&#039; Orient se répand-il sur la terre ? Qui est-ce qui a ouvert les conduits aux inondations , et le chemin à l&#039;éclair des tonnerres , Pour faire pleuvoir sur une terre où il n&#039;y a personne , et sur le désert où il ne demeure aucun homme . Pour arroser abondamment les lieux solitaires et déserts , et pour faire pousser le germe de l&#039;herbe ? La pluie n&#039;a-t-elle point de père ? ou qui est-ce qui produit les gouttes de la rosée ? Du ventre de qui sort la glace ? et qui est-ce qui engendre le frimas du ciel ? Les eaux se cachent étant durcies comme une pierre , et le dessus de l&#039;abîme se prend . Pourrais-tu retenir les délices de la Poussinière , ou faire lever les tempêtes [ qu&#039;excite ] la constellation d&#039; Orion ? Peux-tu faire lever en leur temps les signes du Zodiaque ? et conduire la petite Ourse avec les étoiles ? Connais-tu l&#039;ordre des cieux , et disposeras-tu de leur gouvernement sur la terre ? Crieras-tu à haute voix à la nuée , afin qu&#039;une abondance d&#039;eaux t&#039;arrose ? Enverras-tu les foudres de sorte qu&#039;elles partent , et te disent : Nous voici ? Qui est-ce qui a mis la sagesse dans les reins ? ou qui a donné au cœur l&#039;intelligence ? Qui est-ce qui a assez d&#039;intelligence pour compter les nuées , et pour placer les outres des cieux , Quand la poudre est détrempée par les eaux qui l&#039;arrosent , et que les fentes [ de la terre ] viennent à se rejoindre ? Chasseras-tu de la proie pour le vieux lion , et rassasieras-tu les lionceaux qui cherchent leur vie , Quand ils se tapissent dans leurs antres , et qu&#039;ils se tiennent dans leurs forts aux aguets ? Qui est-ce qui apprête la nourriture au corbeau , quand ses petits crient au [ Dieu ] Fort , et qu&#039;ils vont errants , parce qu&#039;ils n&#039;ont point de quoi manger ? Sais-tu le temps auquel les chamois des rochers font leurs petits ? As-tu observé quand les biches faonnent ? Compteras-tu les mois qu&#039;elles achèvent leur portée , et sauras-tu le temps auquel elles feront leurs petits , Et qu&#039;elles se courberont pour mettre bas leurs petits , [ et ] qu&#039;elles se délivreront de leurs douleurs ? Leurs fans se portent bien , ils croissent dans les blés ; ils s&#039;écartent , et ne retournent plus vers elles . Qui est-ce qui a laissé aller libre l&#039;âne sauvage , et qui a délié les liens de l&#039;âne farouche , Auquel j&#039;ai donné la campagne pour maison , la terre inhabitée pour ses retraites ? Il se rit du bruit de la ville ; il n&#039;entend point les clameurs de l&#039;exacteur ; Les montagnes qu&#039;il va épiant çà et là , sont ses pâturages , et il cherche toute sorte de verdure . La licorne voudra-t-elle te servir , ou demeurera-t-elle à ta crèche ? Lieras-tu la licorne avec son licou pour labourer ? ou rompra-t-elle les mottes des vallées après toi ? T&#039;assureras-tu d&#039;elle , sous ombre que sa force est grande , et lui abandonneras-tu ton travail ? Te fieras-tu qu&#039;elle te porte ta moisson , et qu&#039;elle l&#039;amasse dans ton aire ? As-tu donné aux paons ce plumage qui est si brillant , ou à l&#039;autruche les ailes et les plumes ? Néanmoins elle abandonne ses œufs à terre , et les fait échauffer sur la poussière , Et elle oublie que le pied les écrasera , ou que les bêtes des champs les fouleront . Elle se montre cruelle envers ses petits , comme s&#039;ils n&#039;étaient pas à elle ; et son travail est souvent inutile et elle ne s&#039;en soucie point . Car Dieu l&#039;a privée de sagesse , et ne lui a point donné d&#039;intelligence ; A la première occasion elle se dresse en haut , et se moque du cheval et de celui qui le monte . As-tu donné la force au cheval ? [ et ] as-tu revêtu son cou d&#039;un [ hennissement ] éclatant comme le tonnerre ? Feras-tu bondir le cheval comme la sauterelle ? le son magnifique de ses narines est effrayant . Il creuse la terre [ de son pied ] , il s&#039;égaie en sa force , il va à la rencontre d&#039;un homme armé ; Il se rit de la frayeur , il ne s&#039;épouvante de rien , et il ne se détourne point de devant l&#039;épée . [ Il n&#039;a point peur des ] flèches qui sifflent tout autour de lui , ni du fer luisant de la hallebarde et du javelot . Il creuse la terre , plein d&#039;émotion et d&#039;ardeur au son de la trompette , et il ne peut se retenir . Au son bruyant de la trompette , il dit : Ha ! ha ! Il flaire de loin la bataille , le tonnerre des Capitaines , et le cri de triomphe . Est-ce par ta sagesse que l&#039;épervier se remplume , et qu&#039;il étend ses ailes vers le Midi ? Sera-ce à ton commandement que l&#039;aigle prendra l&#039;essor , et qu&#039;elle élèvera sa nichée en haut ? Elle habite sur les rochers , et elle s&#039;y tient ; [ même ] sur les sommets des rochers et dans des lieux forts . De là elle découvre le gibier , ses yeux voient de loin . Ses petits aussi sucent le sang , et où il y a des corps morts , elle y est aussitôt . L&#039; Eternel prit encore la parole , et dit : Celui qui conteste avec le Tout-puissant , lui apprendra-t-il quelque chose ? Que celui qui dispute avec Dieu , réponde à ceci . Alors Job répondit à l&#039; Eternel , et dit : Voici , je suis un homme vil ; que te répondrais-je ? Je mettrai ma main sur ma bouche . J&#039;ai parlé une fois , mais je ne répondrai plus ; j&#039;ai même parlé deux fois , mais je n&#039;y retournerai plus . Et l&#039; Eternel parla encore à Job du milieu d&#039;un tourbillon , et lui dit : Ceins maintenant tes reins comme un vaillant homme ; je t&#039;interrogerai , et tu m&#039;enseigneras . Anéantiras-tu mon jugement ? me condamneras-tu pour te justifier ? Et as-tu un bras comme le [ Dieu ] Fort ? tonnes-tu de la voix comme lui ? Pare-toi maintenant de magnificence et de grandeur , et revêts-toi de majesté et de gloire . Répands les ardeurs de ta colère , regarde tout orgueilleux , et l&#039;abats . Regarde tout orgueilleux , abaisse-le , et froisse les méchants sur la place . Cache-les tous ensemble dans la poudre , et bande leur visage dans un lieu caché . Alors je te donnerai moi-même cette louange , que ta droite t&#039;aura sauvé . Or voilà le Béhémoth que j&#039;ai fait avec toi ; il mange le foin comme le bœuf . Voilà maintenant , sa force est en ses flancs , et sa vertu est dans le nombril de son ventre . Il remue sa queue , qui est comme un cèdre ; les nerfs de ses épouvantements sont entrelacés . Ses os sont des barres d&#039;airain , [ et ] ses menus os sont comme des barreaux de fer . C&#039;est le chef-d&#039;œuvre du [ Dieu ] Fort ; celui qui l&#039;a fait lui a donné son épée . Et les montagnes lui rapportent leur revenu , et c&#039;est là que se jouent toutes les bêtes des champs . Il se couche dans les lieux où il y a de l&#039;ombre , au milieu des roseaux et des marécages . Les arbres touffus le couvrent de leur ombre , et les saules des torrents l&#039;environnent . Voilà , il engloutit une rivière [ en buvant ] , et il ne s&#039;en retire pas vite ; et il ne s&#039;étonnerait pas quand le Jourdain se dégorgerait dans sa gueule . Il l&#039;engloutit en le voyant , et son nez passe au travers des empêchements qu&#039;il rencontre . Enlèveras-tu le Léviathan avec l&#039;hameçon , et le tireras-tu par sa langue avec le cordeau [ de l&#039;hameçon ] que tu auras jeté dans l&#039;eau ? Mettras-tu un jonc dans son nez ? ou perceras-tu ses mâchoires avec une épine ? Emploiera-t-il auprès de toi beaucoup de prières ? ou te parlera-t-il doucement ? Fera-t-il un accord avec toi , et le prendras-tu pour esclave à toujours ? T&#039;en joueras-tu comme d&#039;un petit oiseau ? et l&#039;attacheras-tu pour tes jeunes filles ? Des amis se régaleront-ils de sa chair ? sera-t-il partagé entre les marchands ? Rempliras-tu sa peau de pointes ? et sa tête [ entrerait-elle ] dans une nasse de poissons ? Mets ta main sur lui ; il ne te souviendra jamais de lui faire la guerre . Voilà , l&#039;espérance qu&#039;on avait de le prendre est frustrée ; [ et ] ne sera-t-on pas même atterré par son regard ? Il n&#039;y a point d&#039;homme assez courageux pour le réveiller ; qui est-ce donc qui se présentera devant moi ? Qui est-ce qui m&#039;a prévenu , et je [ le ] lui rendrai ? Ce qui est sous tous les cieux est à moi . Je ne me tairai point de ses membres , ni de ce qui concerne ses forces , ni de la grâce de l&#039;arrangement [ des parties de son corps ] . Qui est-ce qui découvrira le dessus de sa couverture , et se jettera entre les deux branches de son mors ? Qui est-ce qui ouvrira les portes de sa gueule ? La terreur se tient autour de ses dents . Les lames de ses boucliers ne sont que magnificence ; elles sont étroitement serrées [ comme ] avec un cachet . L&#039;une approche de l&#039;autre , et le vent n&#039;entre point entre-deux . Elles sont jointes l&#039;une à l&#039;autre , elles s&#039;entretiennent , et ne se séparent point . Ses éternuements éclaireraient la lumière , et ses yeux sont [ comme ] les paupières de l&#039;aube du jour . Des flambeaux sortent de sa bouche , et il en rejaillit des étincelles de feu . Une fumée sort de ses narines comme d&#039;un pot bouillant , ou d&#039;une chaudière . Son souffle enflammerait des charbons , et une flamme sort de sa gueule . La force est dans son cou , et la terreur marche devant lui . Sa chair est ferme , tout est massif en lui , rien n&#039;y branle . Son cœur est dur comme une pierre , même comme une pièce de la meule de dessous . Les plus forts tremblent quand il s&#039;élève , et ils ne savent où ils en sont , voyant comme il rompt tout . Qui s&#039;en approchera avec l&#039;épée ? ni elle , ni la lance , ni le dard , ni la cuirasse , ne pourront point subsister [ devant lui ] . Il ne tient pas plus de compte du fer que de la paille ; et de l&#039;airain , que du bois pourri . La flèche ne le fera point fuir , les pierres d&#039;une fronde lui sont comme du chaume . Il tient les machines de guerre comme des brins de chaume ; et il se moque du javelot qu&#039;on lance sur lui . Il a sous soi des tests aigus , et il abat [ sous soi ] des roseaux pointus [ en se couchant ] sur la boue . Il fait bouillonner le gouffre comme une chaudière , et rend semblable la mer à un chaudron de parfumeur . Il fait reluire après soi son sentier , et on prendrait l&#039;abîme pour une tête blanchie de vieillesse . Il n&#039;y a rien sur la terre qui lui puisse être comparé , ayant été fait pour ne rien craindre . Il voit [ au-dessous de lui ] tout ce qu&#039;il y a de plus élevé ; il est Roi sur tous les plus fiers animaux . Alors Job répondit à l&#039; Eternel , et dit : Je sais que tu peux tout , et qu&#039;on ne te saurait empêcher de faire ce que tu penses . Qui est celui-ci , [ as-tu dit ] , qui étant sans science , [ entreprend ] d&#039;obscurcir [ mon ] conseil ? J&#039;ai donc parlé , et je n&#039;y entendais rien ; ces choses sont trop merveilleuses pour moi , et je n&#039; [ y ] connais rien . Ecoute maintenant , et je parlerai ; je t&#039;interrogerai , et tu m&#039;enseigneras . J&#039;avais ouï de mes oreilles parler de toi ; mais maintenant mon œil t&#039;a vu . C&#039;est pourquoi j&#039;ai horreur [ d&#039;avoir ainsi parlé ] , et je m&#039;en repens sur la poudre et sur la cendre . Or après que l&#039; Eternel eut dit ces paroles à Job , il dit à Eliphas Témanite : Ma fureur est embrasée contre toi , et contre tes deux compagnons ; parce que vous n&#039;avez pas parlé droitement de moi comme Job mon serviteur . C&#039;est pourquoi prenez maintenant sept taureaux , et sept béliers , et allez vers Job mon serviteur , et offrez un holocauste pour vous , et Job mon serviteur priera pour vous ; ( car certainement j&#039;exaucerai sa prière , ) afin que je ne vous traite pas selon votre folie ; parce que vous n&#039;avez pas parlé droitement devant moi , comme a fait Job mon serviteur . Ainsi Eliphas Témanite , et Bildad Suhite , [ et ] Tsophar Nahamathite vinrent , et firent ce que l&#039; Eternel leur avait commandé ; et l&#039; Eternel exauça la prière de Job . Et l&#039; Eternel tira Job de sa captivité quand il eut prié pour ses amis ; et il rendit à Job le double de tout ce qu&#039;il avait eu . Aussi tous ses frères , et toutes ses sœurs , et tous ceux qui l&#039;avaient connu auparavant , vinrent vers lui , et mangèrent avec lui dans sa maison , et lui ayant témoigné qu&#039;ils compatissaient à son état , ils le consolèrent de tout le mal , que l&#039; Eternel avait fait venir sur lui ; et chacun d&#039;eux lui donna une pièce d&#039;argent , et chacun une bague d&#039;or . Ainsi l&#039; Eternel bénit le dernier état de Job plus que le premier , tellement qu&#039;il eut quatorze mille brebis , et six mille chameaux , et mille couples de bœufs , et mille ânesses . Il eut aussi sept fils , et trois filles . Et il appela le nom de l&#039;une Jémina , et le nom de l&#039;autre Ketsiha , et le nom de la troisième Kéren-happuch . Et il ne se trouva point dans tout le pays de si belles femmes , que les filles de Job ; et leur père leur donna héritage entre leurs frères . Et Job vécut après ces choses-là cent quarante ans , et il vit ses fils , et les fils de ses fils , jusqu&#039;à la quatrième génération . Puis il mourut âgé et rassasié de jours . </passage></reply></GetPassage>